European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > Actualités > Benchmarking working Europe 2017: Il est grand temps d'in...

Actualités

14 mars 2017

Benchmarking working Europe 2017: Il est grand temps d'instaurer une nouvelle approche de la politique salariale

Benchmarking working Europe - wages and collective bargaining

L'approche actuelle consistant à réduire les salaires, à décentraliser les systèmes de négociation collective et à restreindre les droits des syndicats et des travailleurs pour faire face à la crise économique et financière a échoué. C’est ce qui ressort du nouveau rapport conjoint CES/ETUI Benchmarking working Europe 2017, présenté le 13 mars dernier à Bruxelles. Le rapport préconise une réorientation économique vers un modèle de croissance axé sur les salaires et une nouvelle politique salariale fondée sur des salaires minimums appropriés, des systèmes globaux de négociation collective et des syndicats solides.

Voici quelques-unes des principales conclusions du chapitre 3 sur les salaires et la négociation collective (lire le chapitre 3 du Benchmarking pour plus d'analyses et de données):

  • malgré l’importance accordée du bout des lèvres aux questions sociales, les recommandations spécifiques par pays de l'UE  2016-2017 n'ont pas changé, poursuivant la même vieille stratégie de dévaluation interne;
  • les salaires réels ont repris en 2016, mais cela est dû principalement à des taux d'inflation très faibles. Les salaires réels ont augmenté sensiblement dans les pays d'Europe centrale et orientale (par exemple en Roumanie + 8,94% et en Tchéquie + 3,01%), mais stagnent en Italie (0%), en Grèce (0,1%) et en France (0,25%). La Belgique est le seul pays où les salaires réels ont diminué en 2016 (de 0,94%);
  • en ce qui concerne l'évolution des salaires à long terme, il est clair que les politiques d'austérité de l'UE ont eu une influence négative sur les salaires, avec des répercussions également sur la demande intérieure;
  • la croissance salariale a également été appliquée aux salaires minimums, mais dans la plupart des pays de l'UE, ces salaires minimums sont encore très bas;
  • la tendance à la réduction du champ d’application des négociations collectives s'est poursuivie et plus particulièrement dans les pays d'Europe du Sud et de l'Est.

Les chiffres du Benchmarking confirment qu’une véritable reprise économique ne sera possible que si l'UE se tourne vers un modèle de croissance axé sur les salaires. La Commission européenne et la Banque centrale européenne l'ont reconnu lors de récents discours, mais la mise en œuvre effective se fait attendre.

C'est la raison pour laquelle la Confédération européenne des syndicats (CES) a déclaré 2017 "l'année de l'augmentation salariale pour les travailleurs européens" et a lancé une campagne pour la relance salariale. Dans un communiqué de presse publié le 13 mars, la secrétaire confédérale de la CES, Esther Lynch, a déclaré: "Le temps d'une véritable relance est venu. Les travailleurs de toute l'Europe ont besoin d'une augmentation salariale. Les salaires commencent à reprendre, mais il y a beaucoup de retard à rattraper."

Toutes les actualités