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18 juillet 2017

Les syndicats lituaniens et tchèques lancent des programmes d’affiliation anonymes

Après la transition systémique en Europe centrale et orientale, rejoindre une organisation syndicale est devenue une entreprise risquée pour bon nombre de travailleurs. Les sociétés multinationales qui avaient investi dans la région après l’effondrement du socialisme ont hésité à accorder à leurs nouveaux salariés des droits importants en matière de participation et les entreprises locales étaient très majoritairement hostiles aux syndicats. Dans ces conditions, la peur de perdre son emploi ou d’être victime de mesures de rétorsion a souvent dissuadé les travailleurs d'établir ou d’adhérer à un syndicat au niveau de l'entreprise.

Pour remédier à la situation, les syndicats de certains pays d'Europe centrale et orientale ont encouragé les travailleurs à rejoindre leurs rangs sans qu’ils aient à révéler leur identité auprès des employeurs. En Lituanie, par exemple, l'adhésion anonyme existait déjà avant la récession, mais elle a connu un coup d’accélérateur entre 2008 et 2010 lorsque les entreprises ont rencontré des difficultés économiques et ont menacé leurs salariés de licenciement.

Un programme similaire a été lancé en 2014 par la fédération syndicale tchèque des métallurgistes OS KOVO. Il a permis aux travailleurs de devenir membres de l'OS KOVO soit au niveau de l'usine, soit à l'extérieur du lieu de travail, c'est-à-dire en tant que membres individuels de la fédération régionale du syndicat. L'employeur a par la suite été informé qu’un syndicat était actif dans l'entreprise, mais les noms des membres sont restés secrets. La négociation collective au nom des travailleurs syndiqués mais anonymes était menée par un négociateur professionnel externe.

Les régimes d'adhésion anonymes ont donné aux syndicats d'Europe centrale et orientale l'occasion de protéger leurs affiliés face au risque de représailles. Ce système, qui a atteint une popularité considérable dans les deux pays examinés, leur a également permis d'attirer de nouveaux membres. Dans la région tchèque de la Bohême méridionale, 200 salariés ont rejoint anonymement OS KOVO en 2015, alors qu'en Lituanie, environ 20% du nombre total des adhérents syndicaux du pays ont décidé de garder leur identité secrète pendant les années de crise allant de 2009 à 2011.

En savoir plus :

Blažienė I. and Boguslavas Gruževskis B., ‘Lithuanian trade unions: from survival skills to innovative solutions’, in M. Bernaciak and M. Kahancová, Innovative union practices in Central-Eastern Europe, ETUI, 2017.

Martišková M. and Sedláková M., ‘Reinventing the role of the Czech trade unions: halfway through the journey’, in M. Bernaciak and M. Kahancová, Innovative union practices in Central-Eastern Europe, ETUI, 2017.

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