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Renouveau syndical et mobilisation

Au cours des 20 dernières années, pratiquement tous les syndicats d'Europe ont connu une importante baisse de leurs effectifs. D'autres indicateurs que le nombre d’adhérents montrent un affaiblissement des rôles et positions des syndicats sur les plans économique, politique et social. Cette perte d’influence peut, en partie, s’expliquer par la conjoncture économique, les changements structurels dans nos sociétés capitalistes, la mobilisation des employeurs et les choix des gouvernements. Malgré ce contexte particulièrement difficile, l'histoire du mouvement des travailleurs et certaines initiatives récentes montrent que les syndicats disposent encore d'une certaine marge de manœuvre.

Avec le concours de leur base, les dirigeants syndicaux peuvent opérer des changements stratégiques afin de revitaliser le rôle et l’influence de leurs organisations sur les lieux de travail, l'économie et la société en général. Ces choix stratégiques évoluent avec le temps et dépendent de l'environnement institutionnel des pays où les syndicats opèrent, de l'idéologie et de la culture de chaque organisation, de l'héritage qu'ils ont préservé des luttes passées, de l'état du débat interne et du degré d'ouverture aux réformes organisationnelles. La revitalisation du mouvement des travailleurs devra probablement passer par le développement de modèles alternatifs permettant aux syndicats de séduire tant les travailleurs actuellement sous-représentés, en particulier les précaires, que leurs membres traditionnels.

En droite ligne de cette vision volontariste du syndicalisme, les recherches menées par l'ETUI se concentrent sur la dimension militante en tant que moyen, parmi d'autres, de revitalisation, voire de renouveau, du mouvement syndical. Notre institut cherche notamment à savoir si le modèle de "syndicalisme d'organisation", développé par les syndicats anglo-saxons, est transposable en Europe continentale. L'ETUI étudie également les mouvements de grève dans l'Union européenne en tant que forme de mobilisation des travailleurs. Le développement du syndicalisme dans les nouveaux États membres est également un de nos axes de recherche privilégiés. Notre institut organise un peu partout en Europe des formations à l'attention des responsables syndicaux et des jeunes syndicalistes. Celles-ci portent sur des thèmes tels que les méthodes de recrutement et la revitalisation des syndicats, à travers l'échange de bonnes pratiques destinées à contrer la désaffection vis-à-vis des syndicats constatée dans la plupart des pays européens.