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16 April 2018

Mortalité en France : un rapport met en évidence de très grandes disparités en fonction de la profession

Les ouvriers ont un taux de mortalité prématurée (avant 65 ans) supérieur à la population générale française, révèle une étude publiée début avril par l’agence nationale française de santé publique (« Santé publique France »). Les tumeurs malignes jouent un rôle important dans cette surmortalité prématurée dans la population ouvrière masculine.

Le rapport épingle le sous-secteur « Sélection et fourniture de personnel », qui comprend essentiellement les personnels employés par des sociétés de travail intérimaire, dont le risque de mortalité est particulièrement élevé (risque relatif ou RR= 1,75 pour la mortalité générale, 1,64 pour les cancers et 1,46 pour les maladies cardiovasculaires).

Les autres secteurs où le risque de mortalité prématurée est élevé sont ceux de la construction, des hôtels et restaurants, des services personnels (blanchisserie-teinturerie, coiffure, soins de beauté, etc.), et des services auxiliaires des transports [1].

Si l’on considère uniquement les tumeurs malignes, les secteurs de la construction (RR = 1,27), des services auxiliaires des transports (RR=1,26) et des services principalement fournis aux entreprises (RR=1,17) sont les plus touchés. Ce dernier groupe est composé à 68% de travailleurs intérimaires.

Travailler dans le secteur de la construction augmente significativement le risque de contracter un cancer du larynx (RR=1,47), du foie et voies biliaires (RR =1,35) et des voies respiratoires (RR= 1,33).

Certains secteurs comptant parmi leur personnel un pourcentage important d’ouvriers sont relativement épargnés par la surmortalité par cancer, sauf pour certaines localisations. Ainsi, les travailleurs de l’industrie chimique présentent un risque important d’être touché par un cancer de la vessie (RR=1,33), alors que ceux de la fabrication de produits minéraux non métalliques (produits asphaltés et bitumineux, matières minérales isolantes, fibres de carbone et de graphites, etc.) ont un risque élevé de cancers du sang (RR=1,34), et ceux des hôtels et restaurants ont plus de risques que la population générale de contracter un cancer du foie et des voies biliaires (RR=1,32).

Le taux de mortalité par maladies cardiovasculaires parmi les ouvriers et les employés est nettement supérieur à celui observé chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Ce risque est très important dans le secteur des industries extractives. Sans grande surprise, ce dernier secteur figure également en tête de ceux les plus touchés par les accidents, juste après celui de la construction.

Le rapport traite également de la mortalité par suicide. C’est le secteur de la santé et de l’action sociale qui avec un taux de 34 suicides pour 100.000 est le secteur à plus haut risque.

[1]Ce groupe comprend les activités auxiliaires liées au transport de personnes ou de fret, telles que l'exploitation et l'entretien d'infrastructures de transport, la manutention du fret à différentes étapes du transport et l'organisation du transport de fret.

En savoir plus :

Programme COSMOP : surveillance de la mortalité par cause selon l’activité professionnelle. Analyse de la mortalité et des causes de décès par secteur d’activité de 1976 à 2005, Santé publique France, avril 2018

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