European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > About Etui > Actualités > La négociation collective reste très pertinente dans un m...

Actualités

30 janvier 2020

La négociation collective reste très pertinente dans un monde du travail en mutation

La négociation collective est-elle toujours importante et, si tel est le cas, quel rôle peut-elle jouer, parallèlement à la voix des travailleurs, dans un monde du travail en constante mutation ? Telles sont les principales questions auxquelles le rapport de l'OCDE sur la négociation collective, récemment publié, tente de répondre.

Ce rapport, qui fournit une évaluation complète du fonctionnement des systèmes de négociation collective et des dispositions relatives aux droits des travailleurs dans les pays de l'OCDE, a été présenté lors d'un forum mensuel de l’ETUI le 16 décembre, un mois après sa publication.

Sandrine Cazes et Chloé Touzet, toutes deux auteures du rapport, ont présenté un examen détaillé du fonctionnement des systèmes de négociation collective et de leurs liens avec les performances du marché du travail. Elles ont également souligné la façon dont le rapport analyse non seulement le rôle des institutions de négociation collective en ce qui concerne l’emploi, les salaires et l'intégration du marché du travail, mais aussi en matière de qualité de l'emploi. En outre, ce rapport examine comment la négociation collective peut être mobilisée pour relever les nouveaux défis sur le marché du travail et identifie quel type d'intervention gouvernementale sera nécessaire pour y parvenir. "Si elles sont mises en oeuvre de la bonne manière, les négociations collectives peuvent améliorer la qualité de l'emploi et favoriser des marchés du travail inclusifs", a souligné Sandrine Cazes. Elle a également ajouté qu’elles peuvent faciliter les transitions, aider à identifier les questions émergentes telles que l'équilibre entre vie professionnelle - vie privée et temps de travail, apporter des solutions adaptées, façonner les définitions de nouveaux droits et compléter la sécurité et l'adaptabilité du marché du travail.

Jörg Tagger, chef de l'unité « Dialogue social » à la direction générale de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion de la Commission européenne, a déclaré que la Commission se félicitait de ce rapport qui vient à point nommé et qu'elle le prendrait en considération dans les nouvelles politiques qui sont actuellement en cours.

Esther Lynch, secrétaire générale adjointe de la CES chargée de la négociation collective, a également exprimé son appréciation du rapport mais a insisté sur la différence qu'il faut faire entre la négociation collective et la voix des travailleurs. Elle a également souligné l'importance du droit de grève en tant que "muscle" de la négociation collective, déclarant que "sinon, il ne s'agit que d'une discussion". Une plus grande attention devrait également être accordée à la démocratisation des lieux de travail.

Plamen Dimitrov, président de la Confédération des syndicats indépendants de Bulgarie, a déclaré que l'Europe de l'Est est le "maillon faible" en ce qui concerne la couverture des négociations collectives, non seulement en raison de la faible densité syndicale mais aussi du cadre juridique. Les syndicats de cette région sont favorables à une directive-cadre sur les salaires minimums. Inga Ruginienė, présidente de la Confédération des syndicats lituaniens, a rejoint le point de vue de Plamen Dimitrov, en déclarant que sans une telle directive, "les employeurs disent toujours non et, comme le gouvernement se situe entre les partenaires sociaux, le premier ministre finit par décider ce que sera le salaire minimum". Plamen Dimitrov a également ajouté que nous devrions reconsidérer la définition d'un travailleur : nous devons inclure les nouveaux types de travailleurs et veiller à ce qu'ils soient couverts par les négociations collectives.

Torsten Müller, chercheur senior à l'ETUI en charge de la négociation collective, a félicité l'OCDE pour ce rapport. Il a déclaré que les auteurs "sont allés au-delà de la question salariale pour s'intéresser aux aspects non monétaires" et ont produit des recommandations politiques très nuancées. Toutefois, selon Torsten Müller, le rôle de l'Etat n'est pas suffisamment mis en avant et le rôle des réformes structurelles n'a pas été intégré dans l'analyse. Il a également souligné le fait que le dialogue social n'est pas une négociation collective, et qu'il ne faut pas confondre les deux.

Sommaire

Toutes les actualités

Evénements

Publications associées

Video similaire