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6 décembre 2016

12 ans après l'élargissement: les différences entre les marchés du travail et les relations professionnelles restent-elles inchangées?

Plus d'un quart de siècle après la chute du Mur de Berlin et plus de dix ans après l'élargissement de l'Union européenne, les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) présentent toujours des différences marquées avec le reste de l'Europe dans le domaine du travail, de l’emploi et des relations professionnelles.

Tel est le thème du livre récemment publié par l’ETUI Labour and Social Transformation in Central and Eastern Europe qui a été présenté lors d'un séminaire de l'ETUI le 25 novembre. Ce livre, sous la direction de Violaine Delteil, professeure associée à l'Université Sorbonne Nouvelle de Paris, et Vassil Kirov, professeur associé à l'Académie des sciences de Bulgarie et chercheur associé à l'ETUI, apportent un éclairage sur la « grande transformation » qui s’est produite dans le domaine des relations de travail et des institutions du marché du travail dans la région, ainsi que sur des changements sociologiques et micropolitiques de moins grande ampleur.

Comme Vassil Kirov l'a expliqué, ce livre va au-delà de la sélection habituelle des pays et présente un éventail d'approches qui visent à mettre en évidence les spécificités des modèles nationaux. Violaine Delteil a fait remarquer que si la transition et l'adhésion à l'Union européenne ont largement contribué à l'affaiblissement des syndicats traditionnels dans ces pays, elles ont également réveillé de nouvelles forces de travail, de nouvelles stratégies de lobbying et de nouvelles alliances avec les mouvements sociaux.

Martin Myant, chercheur senior à l'ETUI, qui a également contribué à ce livre, a souligné le rôle important que les syndicats ont joué dans la création du cadre juridique des relations d’emploi. Il a cependant souligné que cela reste difficile à appliquer en raison de l’affiliation en déclin et de la réalité d'une économie « dépendante ».

Slavina Spasova, chercheuse à l'Observatoire social européen, pense que le principal succès du livre est qu'il « capte la pluralité mais aussi la spécificité des différentes situations et, en même temps, soulève quelques réflexions philosophiques sur le retour escompté en Europe »

Guglielmo Meardi, directeur de l'unité de recherche sur les relations professionnelles à la Warwick Business School, s’est penché plus en détail sur le sort de l'acquis communautaire « dur » et « mou » dans les nouveaux États membres. Selon lui, la population des deux côtés de la frontière de l'élargissement était convaincue que les normes sociales s'amélioreraient après l'adhésion et que l'acquis communautaire empêcherait le dumping social et mènerait à la convergence sociale à long terme. Malheureusement, rien de tout cela ne s'est avéré être vrai. Au contraire, l’année 2004 n’a pas vu d’évolution du processus législatif dans le domaine social dans l'ensemble de l'UE. Au moment où la stratégie européenne pour l'emploi « souple » s’était étendue aux nouveaux États membres, elle était déjà à la « sauce de Lisbonne », ce qui signifie que la flexibilité et l'efficacité ont été privilégiées par rapport à la sécurité et à l'inclusion sociales.

Zane Rasnača, chercheuse en droit du travail de l'ETUI, a rappelé que, même si les transferts juridiques ne fonctionnent pas toujours, dans ce cas, ces mesures auraient été mieux appliquées si les nouveaux États membres avaient participé au processus de rédaction et ceci aurait pu aboutir à des mesures post-élargissement produisant des résultats différents.

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