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18 décembre 2017

Concilier deux futurs

Dans une récente Note de prospective, Philippe Pochet, directeur général de l'ETUI, tente de réunir les récits des deux grandes tendances qui détermineront ce à quoi ressemblera l'avenir dans les prochaines décennies : le changement climatique et la digitalisation de l'économie. Ils ont tous deux fait l'objet d'analyses distinctes, mais jusqu' à présent, il ne semble pas y avoir eu d'approche conjointe pour concilier ces deux "options futures".

L'auteur soutient que chacun de ces deux récits comporte deux versions, dans lesquelles les changements sont perçus soit comme le résultat d'une évolution radicale, soit comme le résultat d'une révolution impliquant un changement de paradigme. Afin de surmonter cette séparation entre les différents récits, Philippe Pochet suggère de les hiérarchiser, en plaçant la transition écologique à la première place car elle est "d'une importance cruciale, et si elle n'est pas réalisée, nous ne pourrons pas revenir en arrière". La nouvelle révolution technologique, au contraire, n'est "que la troisième, quatrième ou cinquième révolution technologique du capitalisme".

Les deux récits partagent la conviction qu'il y aura une rupture avec le passé, et ils sont tous deux "ancrés dans une foi inébranlable dans les vertus de la technologie". Le concept d'"apprentissage tout au long de la vie" que la Commission européenne défend déjà depuis un certain temps est un autre point de convergence entre les récits sur le changement climatique et la technologie.

Il existe toutefois des différences fondamentales entre ces derniers, en ce qui concerne le niveau d'action privilégié et le compromis entre compétition et coopération. Les alliances politiques des parties prenantes varient également en fonction de la manière dont le récit est examiné: la digitalisation est basée sur des plateformes capitalistes tandis que le changement climatique exige que de larges pans de la population parviennent à un "consensus large et persistant".

Philippe Pochet affirme que nous assistons actuellement à une transition vers le capitalisme vert qui est en train de se produire "beaucoup plus rapidement qu’escompté [...] et on peut argumenter que les investissements se multiplieront, que les efforts de R&D vont s'intensifier avec des effets cumulatifs au fur et à mesure que de plus en plus de gens y adhéreront". Un exemple évident en est la production de voitures électriques, dont on dit qu'elles ne deviendront pas plus chères que les voitures classiques au cours des huit prochaines années. En d'autres termes, le capitalisme subit déjà une double transformation: verte et digitale.

Pour que les syndicats et d'autres acteurs sociaux puissent peser dans le débat sur notre avenir, Philippe Pochet soutient qu'à court terme, ils devraient essayer de former de larges alliances, de préférence dans les grandes villes, pour construire "une force de plus en plus puissante pour le changement", avec la question des inégalités comme axe commun. A plus long terme, "un engagement à placer la question de la redistribution en tête des priorités de l'agenda politique" est crucial.

Téléchargez ici la version complète de la Note de prospective.

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