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14 février 2019

Détecter les maladies d’origine professionnelle à l’aide de systèmes d’alerte et de sentinelle: un rapport de l’Agence européenne pour la sécurité...

Un rapport de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) analyse les systèmes d’alerte et de vigilance mis en place dans différents pays européens afin de détecter de manière précoce des maladies d’origine professionnelle. Ce rapport est basé sur l’analyse de douze dispositifs nationaux différents mis en place dans des pays d’Europe ou aux Etats-Unis qui ont en commun de contribuer à une mise en visibilité des problèmes de santé causés par les mauvaises conditions de travail et une prévention insuffisante des entreprises.

Dans tous les pays d’Europe, les maladies professionnelles reconnues et indemnisées ne constituent qu’une très petite part des problèmes de santé causés par le travail. Cette situation concerne tant des risques identifiés depuis plusieurs générations que des risques nouveaux liés à l’utilisation de nouveaux procédés, à des changements dans l’organisation du travail et au recours à des substances chimiques dont les risques n’ont pas été évalués correctement. Dans beaucoup de pays, la mise en invisibilité des maladies d’origine professionnelle touche plus les femmes que les hommes. C’est particulièrement frappant dans le domaine des cancers où très peu de travailleuses arrivent à faire reconnaître un cancer d’origine professionnelle.

Parmi les exemples analysés dans le rapport figurent la «maladie du pop-corn», une maladie grave des poumons qui touche les ouvriers d’une usine, et des problèmes cardiaques provoqués par l’exposition à du monoxyde de carbone dans une installation de transformation de café.

Le rapport a recensé 75 systèmes de surveillance utilisés dans 26 pays. Une analyse approfondie de 12 de ces systèmes montre les différentes approches qu’il est possible de suivre et met en évidence leurs points forts et leur caractère polyvalent. En plus de décrire les aspects pratiques de leur mise en œuvre et d’établir des liens avec la prévention et l’élaboration de politiques, le rapport indique également comment il est possible d’ajouter une fonction d’alerte et de sentinelle à un système de surveillance existant.

Les principales conclusions du rapport mettent également en lumière les problèmes suivants.

  • Il n’existe pas de système de surveillance idéal. Plusieurs systèmes sont décrits avec leurs points forts et leurs points faibles. Les parties prenantes devraient tenir compte du contexte dans lequel le système fonctionnera, tirer des enseignements des exemples de bonnes pratiques et viser à mettre en œuvre des approches qui viendront compléter celles qui sont déjà en place.
  • Des lacunes ont été recensées en matière de surveillance. Des groupes spécifiques de maladies professionnelles, en particulier les maladies dues à de multiples facteurs et dotées de longues périodes de latence, telles que les maladies mentales, les troubles musculo-squelettiques et certains cancers, ou les effets que peuvent avoir sur la santé des technologies nouvelles et émergentes, telles que les nanotechnologies ou la robotique de pointe, ne sont pas correctement surveillés à l’heure actuelle. En outre, l’accent tend à être placé sur des secteurs traditionnels tels que l’agriculture et la construction, et il devrait être étendu à des secteurs qui ne suscitent que peu d’attention, tels que celui de l’hôtellerie, de la restauration et des services de traiteurs, et aux secteurs en expansion, tel que celui des services de communication et des technologies de l’information.
  • L’élaboration de ces systèmes repose sur d’importants facteurs, notamment le partage d’expériences couronnées de succès, dans le cadre desquelles ces systèmes ont contribué à l’identification de nouvelles maladies d’origine professionnelle et à leur prévention. Cet aspect est essentiel pour encourager les signalements et pour garantir l’obtention d’un soutien politique et financier. Le renforcement de la coopération avec les organismes nationaux chargés de la sécurité et de la santé au travail ainsi qu’avec les organismes responsables de la santé publique constitue également un facteur de réussite essentiel pour transférer les résultats obtenus par l’intermédiaire des systèmes vers le cadre d’élaboration des politiques. La coopération internationale et le partage de données entre États membres sont importants pour améliorer l’alerte et la surveillance sentinelles dans l’UE.

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