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25 avril 2017

Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail : les discriminations nuisent à la santé

Le mouvement syndical international rendra hommage ce vendredi 28 avril aux travailleurs décédés et blessés en raison de leur travail. Cette année, la Confédération syndicale internationale (CSI) dénoncera l'impact des discriminations sur la santé et la sécurité des travailleurs.

Avec pour slogan « Dangereuse et injuste - la discrimination au travail nuit à toutes et à tous », la CSI invite les syndicats à organiser des activités visant à attirer l'attention sur les «mesures nécessaires pour protéger la santé et la sécurité des personnes les plus vulnérables sur nos lieux de travail, en raison, entre autres, du genre, des origines, de la classe et/ou de l'orientation sexuelle ».

La secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, a souligné le rôle que jouent les organisations de travailleurs dans la lutte contre les discriminations sur le lieu de travail.

« Entretenir un système de travail indécent a toujours requis un ingrédient supplémentaire : une main-d’œuvre divisée. Là où les travailleuses et les travailleurs ne s’expriment pas d’une seule voix et là où les emplois sont par nature ségrégués par genre, par race ou par classe sociale, ces divisions perpétuent les désavantages et empêchent les plus exploités de se défendre, tout en amoindrissant les conditions des autres», souligne la CSI dans une déclaration.

Pour sa part, la Confédération européenne des syndicats (CES) a également délivré pour les célébrations du 28 avril un message axé sur les risques rencontrés par certaines catégories spécifiques de travailleurs.

« Les travailleurs précaires, dans les petites et moyennes entreprises, les jeunes travailleurs, les travailleurs migrants et les travailleurs domestiques sont plus à risque que les employés permanents dans les plus grandes entreprises. Ceci est en partie dû au moindre niveau de formation, d’information et de représentation offert à ce type de travailleurs dans les entreprises plus petites », indique la CES dans un communiqué.

« La santé et la sécurité de chacun importent. Tout travailleur a droit à un environnement de travail sûr et sain. Personne ne devrait avoir à choisir entre son emploi et sa santé », a déclaré Esther Lynch, la secrétaire confédérale de la CES en charge du dossier santé et sécurité au travail

Au Royaume-Uni, la confédération syndicale TUC a récemment réalisé un sondage auprès de plus de 1000 travailleurs noirs, asiatiques et issus de minoritaires ethniques. Les participants ont été invités à répondre à des questions concernant les violences racistes qu'ils ont subies depuis l'organisation du référendum sur le Brexit, en juin 2016. Les résultats montrent que plus d'un tiers ont été témoin ou victime d’insultes à caractère raciste dans les sept mois qui ont suivi le vote référendaire ; et que 19% ont subi une agression raciste. Le TUC a également constaté que 38% avaient vu du matériel raciste en ligne et 27% avaient été confrontés à des graffitis, affiches ou tracts racistes. Le sondage s'inscrit dans le cadre d'un projet du TUC visant à lutter contre le racisme sur le lieu de travail et à faire en sorte que le mouvement syndical soutienne davantage les victimes de racisme.

En Espagne, les deux principales confédérations syndicales UGT et CCOO ont publié une déclaration conjointe dans laquelle elles dénoncent l’impact de la crise économique sur la propagation de la xénophobie à travers l'Europe. « En Europe, après le déclenchement de la crise économique, nous avons assisté à la multiplication des mesures de réduction des droits qui, combinée à des phénomènes tels que la progression électorale de l'ultra-droite ou le Brexit, constitue un terrain fertile pour les propos xénophobes, racistes et machistes qui divisent le monde du travail en fonction de la nationalité, de la croyance, du sexe, de l’âge ou de l’orientation sexuelle », dénoncent les syndicats espagnols.

Aux États-Unis, la célébration du 28 avril sera marquée par l’élection de Donald Trump à la présidence et ses conséquences sur les droits des travailleurs. « L'administration Trump a lancé une attaque totale contre les législations. Le président a ordonné que, pour toute nouvelle mesure de protection, deux garanties existantes soient retirées du droit. Dans le même temps, les républicains au Congrès se sont empressés d’abroger les nouvelles règles mise en œuvre sous l'administration Obama. Les budgets des agences gouvernementales et les programmes de mise en application sont à l’arrêt. La sécurité et la santé des travailleurs et du public sont en danger », a indiqué sur son site web l'AFL-CIO, la plus grande confédération syndicale des Etats-Unis.

Pour en savoir plus sur les activités organisées dans d'autres pays.

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