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12 février 2015

L'intervention de l'UE dans les réformes des systèmes nationaux de protection sociale

EU governance impact

L'ETUI a consacré le 3 février dernier un symposium aux réformes de la protection sociale dans les États membres les plus sévèrement touchés par la crise de la dette souveraine.

La nouvelle architecture institutionnelle développée depuis 2010 afin de lutter contre les déficits structurels et renforcer la discipline budgétaire (Six-Pack, Two-Pack et pacte budgétaire) a eu un impact significatif sur les systèmes de protection sociale, constate Caroline de la Porte. La chercheuse de l'université de Roskilde (Danemark) estime que ces nouveaux instruments pèsent lourdement sur la stratégie Europe 2020. Elle plaide pour un assouplissement de ces instruments afin de permettre aux États les plus durement touchés par la crise d'à nouveau investir dans le domaine social, en particulier dans l'enseignement et la formation.

Sotiria Theodoropoulou a ensuite présenté les résultats d'une recherche visant à évaluer l'impact des protocoles d’accord (ou Memoranda of Understanding – MoU) sur le marché du travail et les politiques sociales en Grèce et au Portugal. La chercheuse de l'ETUI a souligné le caractère extrêmement intrusif du "mémorandum" grec, en particulier en matière de retraites et de négociation salariale. La pression exercée afin d'appliquer les "clauses de conditionnalité" a augmenté à chaque fois que, pour des raisons allant de difficultés administratives à une aggravation de la récession, les mesures stipulées n'avaient pas été exécutées ou les cibles avaient été manquées.

Emmanuele Pavolini, de l'université de Macerata, a comparé les réformes des systèmes de protection sociale menées depuis 2010 en Italie et en Espagne. Le chercheur italien a souligné les conséquences négatives des mesures prises tambour battant sur la vie démocratique dans ces deux pays : parlements et partenaires sociaux mis de côté, montée des populismes, défiance vis-à-vis des élites, etc.

En Irlande, un pays connu avant la crise pour son régime fiscal très favorable pour les investisseurs étrangers, le gouvernement s'est évertué à ce que les conditions imposées par la Troïka ne mettent pas en danger son régime de faible taxation. "Le paradigme néo-libéral dominant en a sorti renforcé", a estimé Fiona Dukelow, de l'University College de Cork.

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