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11 juin 2018

Dialogue social dans le football: "développements en cours", selon un rapport de l'ETUI

football

Une nouvelle analyse du dialogue social dans le football montre que les récentes initiatives de la Commission visant à promouvoir un « modèle européen du sport » ont encore un long chemin à parcourir pour mettre au point des mécanismes efficaces de dialogue dans le football professionnel.

Dans le nouveau working paper que vient de publier l'ETUI, « Sectoral Social Dialogue: Social Partners, Outcomes and Problems of Implementation », le Professeur Berndt Keller de l'université de Constance souligne que le développement à long terme du dialogue social dans un sport comme le football dépend de l'identification d'intérêts communs et de l'établissement d'un équilibre durable des pouvoirs entre les joueurs, les clubs et les organismes de réglementation.

Avec la Coupe du monde de cet été en Russie, qui mettra en avant un grand nombre de talents du football, des changements sont également à l'ordre du jour pour faire passer tous les niveaux du secteur du football sous la législation de l'Union européenne en matière d'emploi. À l'heure actuelle, la réglementation du milieu extrêmement commercialisé du football se fait encore essentiellement au niveau national. Toutefois, l'UE a élargi ses compétences politiques au-delà du domaine exclusivement économique et s'est intéressée de plus en plus au football mais aussi à d'autres sports, en lançant en 2008 un « Comité de dialogue social sectoriel pour le football professionnel ». Jusqu'à présent, cela a débouché principalement sur un accord concernant les conditions minimales des contrats des joueurs, qui a été conclu en 2012.

Le professeur Keller soutient que le développement limité du partenariat social dans le football européen est en partie dû à l'énorme diversité régionale du jeu ; si certains pays d'Europe occidentale ont une forte tradition de dialogue social, beaucoup de pays d'Europe de l'Est n'en ont pas. Il existe également des différences marquées dans la gestion économique et la réglementation du sport, qui font obstacle à une approche commune. Par exemple, alors que la plupart des joueurs européens sont employés directement par leurs clubs, ceux de Hongrie sont des travailleurs indépendants. 

« Je crois que l'impact des initiatives européennes visant à encourager le dialogue social dans le football sera limité pour le moment », souligne le professeur Keller. Il relève toutefois certaines caractéristiques inhabituelles du processus qui donnent des raisons d'être optimistes quant à son potentiel de développement futur. Premièrement, il y a la portée géographique sans précédent de l'accord, qui s'étend au-delà de la zone d'influence de l'UE pour inclure les membres non européens de l'UEFA (l'organe directeur du football européen) tels que la Turquie et Israël. Deuxièmement, il y a le rythme (relativement) rapide du processus, qui est passé de la fondation du comité de dialogue sectoriel à son premier accord en cinq ans. « En comparaison avec d'autres secteurs, il s'agit d'un résultat rapide et impressionnant », a déclaré le professeur Keller.

Troisièmement, l'accord a été négocié dans le cadre de l'UEFA, une organisation qui n'est pas un partenaire social reconnu. « Il est très inhabituel, voire sans précédent, qu'un organisme qui n'est pas un partenaire social ait pu négocier un accord de ce type avec les partenaires sociaux », a déclaré le professeur Keller. Dans l’ensemble, il a soutenu que même l'accord limité qui a été conclu est un signal positif. Le professeur Keller a ajouté qu'il existe de nombreuses questions d'intérêt commun qui ont un impact au niveau européen, mais que leur inclusion à l'ordre du jour nécessiterait un accord entre toutes les parties concernées. Il s'agit notamment de questions contractuelles et de la constitution de fonds de carrière pour les footballeurs qui se lancent dans une autre carrière après le football. D'autres secteurs sportifs auxquels le dialogue social pourrait être étendu englobent les loisirs actifs et le basket-ball, a déclaré le professeur Keller.

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