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13 juillet 2018

Une nouvelle étude montre que les secteurs à prédominance féminine sont moins bien rémunérés que la moyenne.

Health care woman

Les bas salaires constituent un problème majeur dans certains secteurs des services publics, en particulier ceux où les femmes constituent la majorité des travailleurs.

She works hard for the money, un nouveau rapport élaboré par l'Institut syndical européen à la demande de la FSESP, examine la situation dans les secteurs des soins de santé et de l’aide sociale et fait le point sur ce que font les syndicats pour s’attaquer à ce problème.

Cette étude fournit des données qui confirment que les travailleurs peu qualifiés dans le domaine des soins de santé et de l'aide sociale perçoivent un salaire nettement inférieur au salaire moyen national de leur pays. Il montre également que plus la proportion de femmes dans le secteur est élevée, plus le revenu relatif moyen est faible.

Le rapport soutient que cette pénalité salariale dans les secteurs et les professions à prédominance féminine tels que les soins de santé et l’aide sociale peut s’expliquer par le sous-financement et la privatisation des services sociaux, un pouvoir de négociation plus faible dans ces secteurs que dans beaucoup de secteurs à prédominance masculine et par le fait que le travail de soins fait généralement l’objet d’une sous-évaluation de ce qui continue souvent à être considéré comme le travail des « femmes ».

L'ETUI a constaté que diverses mesures sont prises par les affiliés de la FSESP et d'autres syndicats pour s'attaquer au problème, notamment :

  • privilégier les augmentations de salaire supérieures à la moyenne pour les groupes de bas salaires et/ou les professions à prédominance féminine ainsi que les augmentations forfaitaires qui sont plus avantageuses pour les bas salaires ;
  • modifier les systèmes de rémunération, par exemple en supprimant les échelons de rémunération les plus bas et en modifiant les critères sur lesquels se base le système de rémunération afin de garantir que l'expérience acquise au préalable ait la même valeur que les qualifications formelles ; mettre davantage l'accent sur le contenu du travail effectué et sur la transparence des critères sur lesquels est basée la rémunération;
  • assurer l'égalité d'accès à la formation pour les travailleuses afin d'améliorer leurs perspectives de carrière et leurs chances de gravir les échelons ;
  • intenter des actions en justice en déposant des demandes d'égalité salariale ;
  • s'attaquer à la sous-évaluation culturelle du travail des femmes en modifiant la perception générale du travail effectué dans les secteurs à prédominance féminine, tels que les soins de santé et les services sociaux ; et
  • établir une série de mesures qui peuvent entraîner des actions de la part du gouvernement et/ou des employeurs du secteur public, telles que l'augmentation du salaire minimum, la fin des gels salariaux dus à l'austérité, des conditions plus favorables à l'extension des conventions collectives, une meilleure réglementation sur la transparence des salaires et le développement de systèmes d'évaluation non sexistes des emplois.
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