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24 septembre 2019

66% des salariés incités à travailler « très vite »

Les résultats de l’enquête SUMER 2017 ont été présentés en France le 9 septembre 2019. SUMER est un acronyme pour « surveillance médicale des salariés aux risques professionnels ». Cette enquête fournit une cartographie des principaux risques du travail. L’étude en est à sa quatrième édition. Les enquêtes précédentes ont été menées en 1994, 2003 et 2010 de telle manière que l’analyse comparée des résultats donne des informations importantes sur l’évolution des conditions de travail en France pour une période de plus de vingt ans.

Comme les enquêtes précédentes, SUMER montre d’importantes différences parmi les salariés du secteur privé. Ainsi le travail posté (en équipes) concerne 2,8 % des cadres et 22 % des ouvriers non qualifiés. 1,7 % des cadres sont exposés à au moins trois produits chimiques contre 32,7 % des ouvriers qualifiés.

Parmi les tendances générales, on retiendra que plus de 1,8 million de salariés restent exposées à au moins un produit cancérogène (environ 10 % du total). Ce pourcentage avait significativement diminué entre 2003 et 2010 (il était passé de 13,8 % à 9,4 %). Depuis, il stagne avec une légère tendance à la hausse. Il enregistre même une forte augmentation dans le secteur de la construction. Tandis que les expositions à la plupart des risques physiques ont diminué (excepté concernant le bruit), l’intensité du travail est toujours élevée. 66 % des salariés considèrent qu’on leur demande de travailler très vite, 35 % jugent qu’on exige d’eux une quantité de travail excessive et 30 % déclarent ne pas disposer du temps nécessaire pour faire correctement leur travail. En ce qui concerne les facteurs qui conditionnent l’intensité du travail, on constate une évolution des contraintes. Moins de contrôle exercé directement par la hiérarchie mais plus de suivi via des systèmes informatiques. Le manque d’autonomie est également préoccupant. En 2017, 42 % des salariés ne peuvent pas faire varier les délais fixés contre 35 % en 2003.

Depuis 2010, SUMER comprend également des questions sur les pratiques de prévention dans les entreprises. Les résultats montrent que la majorité des employeurs ne respecte pas les règles de base en la matière. Cette situation est en rapport direct avec l’absence de démocratie au travail. Pour l’ensemble des salariés du privé, environ la moitié dispose d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Dans les entreprises de moins de dix salariés, l’existence d’une représentation élue du personnel est l’exception (à peine 14,5 % des salariés concernés la mentionnent). Pour l’ensemble des entreprises, 27,7 % des salariés indiquent qu’un plan de prévention est mis en œuvre sur la base de l’évaluation des risques. Ce pourcentage est en diminution de quatre points par rapport à 2010. Lorsqu’il y a un comité CHSCT, la proportion des salariés ayant un document d’évaluation des risques élaboré ou mis à jour au cours des douze derniers mois dans leur établissement est beaucoup plus importante (66 %) que lorsqu’il n’y en a pas (16 %).

L’enquête SUMER 2017 s’est déroulée sur le terrain d’avril 2016 à septembre 2017.  1 243 médecins du travail se sont portés volontaires et ont tiré au sort 33 600 salariés, selon une méthode aléatoire. 26 500 questionnaires sont exploitables, 98 % d’entre eux s’accompagnent d’un auto-questionnaire. Ces salariés répondants sont représentatifs de près de 25 millions de salariés en France. Il s’agit d’une des plus vastes enquêtes sur les conditions de travail menées à l’échelle d’un pays.

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Publication DARES-analyses n°41 

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