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28 avril 2013

Benchmarking Working Europe 2013 donne du poids aux opposants aux politiques d'austérité en Europe

Benchmarking WE2013

L'austérité ne fonctionne pas et mène à une Europe fragmentée, à de la colère vis-à-vis des élites politiques et à un désenchantement par rapport au projet d'intégration européenne. Tel est le message principal du Benchmarking Working Europe 2013, présenté le 23 avril lors d'une conférence conjointe de l'ETUI et de la DG Emploi, Affaires sociales et Inclusion de la Commission européenne.

Deux rapports consacrés à l'état de l'Europe sociale ont suscité un intéressant débat entre les chercheurs de l'ETUI et des responsables de la Commission européenne sur l'"Europe divergente" et le rôle des mesures d'austérité "aveugles" soutenues par les leaders européens.

En janvier 2013, le rapport de la Commission Employment and Social Developments in Europe décrivait déjà les divergences croissantes conduisant à une polarisation sociale, à un gel des progrès sur le plan de l'égalité de genre, à des risques croissants d'exclusion sociale et de pauvreté, à des chiffres record de chômage et à des défis majeurs en termes de protection sociale et de salaires.

Le nouveau Benchmarking Working Europe 2013,officiellement présenté par l'ETUI à l'occasion de cette conférence conjointe, confirme cette analyse mais confirme, faits avérés et chiffres à l'appui, que la fragmentation grandissante dans l'Union européenne conduit à une Europe à "plusieurs vitesses" dans laquelle les États membres du Sud et de l'Est sont confrontés à un processus inquiétant de "chinisation" caractérisé par des salaires en baisse et une protection sociale faible.

En ouverture de la conférence, Laurence Weerts, qui représentait le cabinet du Commissaire Andor, a qualifié le Benchmarking de "plutôt brutal mais basé sur des faits". Elle a déclaré que les plans de l'UE pour une véritable union économique et monétaire "ne sont pas viables sans convergence sociale".

La première session était axée sur les divergences et la polarisation au sein du marché du travail. Roger Strauss de la DG Emploi et Maria Jepsen, la directrice du département Recherche de l'ETUI, ont tous deux mis au jour les tendances divergentes entre les États membres, avec certains membres affrontant la tempête alors que d'autres font l'expérience de niveaux de chômage records (Grèce, Irelande et Espagne). Les deux rapports indiquent également des divergences entre groupes sociaux en termes de qualité et de quantité d'emploi. Les migrants, les peu qualifiés et les jeunes ont été particulièrement touchés par le chômage et des conditions de travail précaires. Margherita Bussi, chercheure à l'ETUI, a plus particulièrement examiné la tendance au chômage des jeunes qui pourrait mener à une "génération sacrifiée".

La seconde session a été consacrée à "l'évolution des salaires dans la crise". Torsten Müller et Magdalena Bernaciak, chercheurs à l'ETUI, ont présenté le chapitre du Benchmarking consacré à la négociation collective et aux salaires. Éric Meyermans, représentant la DG Emploi, est pour sa part intervenu sur la question du double rôle des salaires. Le débat a principalement porté sur le fait que les salaires ne représentent qu'un aspect de la matrice compétitivité des entreprises et que les politiques d'austérité de l'UE s'attaquant aux salaires sont de ce fait vouées à l'échec.

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