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22 mars 2016

Huit ans après le déclenchement de la crise, toujours pas de "nouveau récit" pour remobiliser l'Europe

Le 17 mars, Roger Liddle, membre de la Chambre des Lords, était invité à s'exprimer lors d'un Forum mensuel de l'ETUI sur l'avenir de l'Europe sociale. L'ancien conseiller de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair est le co-auteur de l'étude "The social reality of Europe after the crisis" ("La réalité sociale de l'Europe après la crise"), publiée par la Fondation européenne d'études progressistes. Il a plaidé pour l'élaboration d'un "nouveau récit" (a "new narrative") pour l'Europe sociale basé sur un programme de politique économique crédible.

"Nous ne sommes plus sur le chemin de la convergence. Il y a des divergences énormes au sein et entre les États membres. Nous avons désespérément besoin d'un nouveau modèle de croissance partagée", mentionne-t-il. Roger Liddle constate l'augmentation des inégalités entre les générations et s'inquiète plus précisément de l'écart de rémunération entre travailleurs jeunes et plus âgés.

Les disparités sociales largement répandues au sein du Royaume-Uni pourraient influer sur le résultat du référendum de juin sur le maintien dans l'UE. "La colère et les angoisses de ces citoyens qui se sentent abandonnés les poussent vers le Brexit, ce qui représente une menace pour toute l'Europe", a-t-il déclaré.

Restaurer la confiance des citoyens dans les institutions de l'État providence exigerait la formulation d'un nouveau récit fondé sur un argumentaire économique solide et crédible.

Lord Liddle plaide pour une harmonisation de l'impôt sur les sociétés à l'échelle européenne. Elle pourrait générer des ressources considérables pour les États membres afin de réinvestir dans l'éducation et la formation des populations au bas de l'échelle, ainsi que dans d'autres programmes d'investissements sociaux.

Ernst Stetter, secrétaire général de la Fondation européenne d'études progressistes (FEPS), est également convaincu de l'urgence d'un nouveau paradigme pour l'Europe, mais il souligne le manque de volonté politique d'aller dans cette direction. "Le dernier débat au Parlement européen sur l'Europe sociale remonte à dix ans", regrette-t-il.

À cet égard, Montserrat Mir, secrétaire confédéral de la Confédération européenne des syndicats, constate qu'au cours des deux dernières décennies les gouvernements de gauche nouvellement élus en Europe ont été incapables d'initier des politiques économiques fondamentalement différentes de celles promues par les conservateurs. À son avis, la discussion en cours autour d'un pilier européen des droits sociaux n'offre aucune raison d'être optimiste. "À ce stade, c'est un pilier social bien faible", a-t-elle déclaré.

En savoir plus :

Fondation européenne d'études progressistes: "The social reality of Europe after the crisis" (juin 2015)

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