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7 mars 2019

L’élan en faveur d’un salaire minimum européen se renforce

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L’élan en faveur d’une politique européenne du salaire minimum se renforce. Le sujet devrait jouer un rôle important dans le cadre des élections de 2019 pour le Parlement européen. Les pressions en faveur d’un seuil minimal européen pour les rémunérations s’inscrivent dans un débat en plein essor sur le rôle du salaire minimum pour le concept de l’Europe sociale.

Le gouvernement allemand a indiqué que l’une de ses priorités durant sa présidence du Conseil de l’UE, au second semestre 2020, serait d’explorer les perspectives d’une politique européenne du salaire minimum. L’initiative a reçu un appui déterminé des Verts, de Die Linke (parti de gauche) et de la Confédération allemande des syndicats, la DGB.

La fixation d’un salaire minimum européen fait également partie des objectifs officiels de la politique de la CES. Le comité exécutif de la CES avait adopté une déclaration pour « une stratégie commune en matière de bas salaires et de salaires minimum ». Le comité estime que le marché intérieur européen doit soutenir les objectifs sociaux de l’UE, ce qui suppose une stratégie commune sur des planchers minimums en matière de rémunération au niveau européen. La CES soutient l’adoption d’un objectif commun de 60 % du salaire moyen ou médian national.

Les défenseurs d’un salaire minimum européen affirment que les « salaires décents », définis comme des salaires équitables, suffisants pour permettre une existence décente, devraient constituer un droit social fondamental et ils soulignent que ce droit a déjà été repris comme l’un des principes fondamentaux du « Socle européen des droits sociaux ». L’article 6 du Socle européen affirme en effet que « les travailleurs ont droit à un salaire équitable leur assurant un niveau de vie décent ».       

Un récent rapport de l’institut allemand de recherches économiques et sociales WSI montre qu’en 2018, les salaires minimums dans les pays européens ont continué à évoluer de manière dynamique. Toutefois, le rapport montre aussi qu’en dépit de la croissance plus soutenue de ces dernières années, les salaires minimums restent très en dessous de 60 % du salaire médian national dans la majorité des pays de l’UE. Le rapport met également en évidence la nécessité d’une politique européenne du salaire minimum. Les auteurs du rapport du WSI, Thorsten Schulten et Malte Luebker, affirment qu’un salaire minimum européen appuierait les efforts déployés par de nombreux gouvernements nationaux, désireux de relever le salaire minimum national pour garantir un niveau de vie décent aux travailleurs faiblement rémunérés, mais qui se heurtent à la résistance des entreprises qui craignent une perte de compétitivité.

Cela fait longtemps que l’ETUI plaide pour un salaire minimum européen. Le récent ouvrage publié par l’Institut sur ce sujet, " Wage bargaining under the New European Economic Governance", codirigé par Guy van Guyes et Thorsten Schulten, examine les perspectives de sa mise en œuvre et les obstacles à surmonter. Torsten Müller, chercheur à l’ETUI, et qui est l’un des contributeurs de l’ouvrage, indique qu’en fixant ce salaire minimum à un niveau réaliste, la convergence à la hausse des salaires qui en découlerait contribuerait à favoriser l’expansion économique impulsée par la demande dont l’Europe a besoin. Une politique européenne en matière de salaire minimum pourrait ainsi constituer un élément important de la réorientation de la politique salariale dans une perspective plus expansionniste et plus solidaire.

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