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24 novembre 2014

L'innovation sociale et l'égalité: les clés de la transition socio-écologique

social-ecological transition

L'Europe doit adopter de nouvelles méthodes de gouvernance qui encouragent l’équité et les modes de consommation collaborative pour faire de la transition socio-écologique un succès. Tel fut le message d'Olivier De Schutter, professeur émérite et ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, à l’occasion de la troisième conférence de l'ETUI sur la transition socio-écologique intitulée « Un nouveau climat pour la transition de l'UE vers la durabilité ». Olivier De Schutter a appelé l'UE à dépasser le PIB et à remplacer l’approche descendante de la gouvernance par une innovation sociale ascendante.

« Nos modèles actuels de gouvernance sont inappropriées [pour une transition socio-écologique] », a déclaré Olivier De Schutter. L'UE doit remplacer l'approche descendante actuelle par un système qui « stimule l’expérimentalisme local », a-t-il souligné. Cela consisterait par exemple à examiner les meilleurs moyens de concilier vie familiale et écologique et à réduire l'empreinte carbone de l'UE. Olivier De Schutter a demandé que l’on interconnecte différents projets déjà en cours, que l’on diffuse les meilleures pratiques et que l’on supprime les obstacles qui font barrage aux idées de réalisation de la transition socio-écologique.

« Réinventer la gouvernance européenne basée sur l’innovation sociale et la décentralisation des municipalités » est pour lui le meilleur moyen de contribuer à relever les défis à venir. Il s’agit notamment de la nécessité pour l'UE de repenser son modèle de croissance, qui est de de moins en moins viable et qui produit trop de déchets et trop de gaz à effet de serre.

Réduire la consommation « facilitera la transition vers les modes de vie sobres dont nous avons besoin », a déclaré Olivier de Schutter. C’est indispensable si nous voulons limiter le réchauffement planétaire à un niveau « sécuritaire » convenu au plan international. Jean-Pascal van Ypersele, professeur et vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l’a démontré clairement et avec pondération dans sa présentation des conclusions du dernier rapport du groupe. Soulignant l'influence de l'homme sur le climat et le risque croissant de « répercussions sérieuses, omniprésentes et irréversibles », il a montré que tout n’était pas encore perdu. « Nous avons les moyens de limiter le changement climatique et de construire un avenir plus prospère et plus durable », a-t-il ajouté, mais il a averti que la fenêtre d’action se rétrécissait rapidement.

L’économiste et professeur Eloi Laurent est convaincu que les inégalités jouent un rôle important dans les dommages écologiques. « Les inégalités sont importantes », a-t-il souligné. Ce n’est qu’au travers d’une véritable transition socio-économique, dans laquelle les milieux scientifiques, environnementaux et sociaux unissent leurs forces, que des solutions pourront être trouvées aux problèmes décrits par Jean-Pascal van Ypersele. « De semaine en semaine, nous acquérons de nouvelles connaissances scientifiques », mais les discussions sur ces catastrophes écologiques ne s’accompagnent pas de solutions, a conclu Eloi Laurent. « C’est très dangereux pour la problématique environnementale car cela suscite de l'anxiété chez les citoyens qui en arrivent à haïr les spécialistes de l'environnement parce qu'en annonçant de mauvaises nouvelles sans apporter de solutions, les citoyens finissent par ne plus les écouter », a-t-il averti.

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