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22 mars 2017

L’urgence sociale au cœur d’un débat pour la sortie du rapport Benchmarking 2017

Dans le cadre de la publication de son rapport Benchmarking Working Europe 2017, qui dresse un état des lieux de l’« Europe du travail », l’ETUI a organisé le lundi 13 mars à Bruxelles un débat entre des représentants de la Confédération européenne des syndicats (CES), de la Commission européenne et du think tank européen Bruegel. La trop faible reprise économique, les inégalités sociales et l’urgence d’une véritable Europe sociale ont été au cœur des débats.

Sortie de crise, emploi, inégalités sociales

Jeroen Jutte (DG Emploi de la Commission européenne) a reconnu que la pauvreté constituait un phénomène inquiétant mais a estimé que les efforts entrepris dans le cadre du cycle annuel de coordination des politiques économiques, le fameux « Semestre européen », commençaient à porter leurs fruits. « Les chiffres de l’emploi sont à la hausse, l’augmentation du taux d’emploi des femmes constitue une tendance très positive », a-t-il souligné. Il a également épinglé les progrès enregistrés dans le secteur éducatif.

Zsolt Darvas (Bruegel*) estime également que le Semestre européen « représente une avancée majeure par rapport au passé ». Il se montre par contre beaucoup plus critique sur les réponses apportées par l’Union européenne au cours des premières années de la crise. « Les politiques de relance ont été très mal conçues », a-t-il déclaré, regrettant notamment que l’Europe n’ait pas suivi l’exemple des Etats-Unis qui ont très rapidement assaini leur système bancaire et financier Il estime par ailleurs que l’assainissement budgétaire imposé à la Grèce a été poussé trop loin et la faiblesse des investissements dans l’économie européenne dans le contexte de la crise grecque. « Les coupes dans les budgets consacrés à l’enseignement, à l’éducation des enfants, à la famille en Grèce, au Portugal, en Europe de l’Est ont eu des conséquences sociales importantes », a-t-il souligné.

Pour Peter Scherrer (CES), il est plus que temps de sortir de la logique de l’austérité. « Le rapport Benchmarking montre que dans sept pays de l’UE les salaires sont moins élevés aujourd’hui qu’en 2008. Il est temps, comme le réclame la CES, d’augmenter les salaires en Europe », a-t-il déclaré. Pour le secrétaire général adjoint de la CES, il s’agit d’une des voies à suivre pour lutter contre l’aggravation inquiétante des inégalités sociales.

Zsolt Darvas rejette cette proposition, estimant que l’enjeu le plus urgent est de réduire le chômage, quitte à proposer des jobs mal rémunérés.

Socle européen des droits sociaux

« Bruxelles doit parvenir à des résultats », a déclaré Peter Scherrer. Il a prévenu la Commission que les Etats membres ne se contenteront pas de discours et de promesses. « Ne leur envoyez-pas des boîtes de pralines vides », a-t-il déclaré.

Dialogue social

Jeroen Jutte a rappelé l’engagement de la Commission Juncker à soutenir fermement le dialogue social européen. Peter Scherrer, qui gère ce dossier à la CES, a épinglé la signature récente par les partenaires sociaux européens d’un accord volontaire sur le vieillissement actif. Il ne nie cependant pas les difficultés rencontrées ces dernières années dans ce domaine. « Bien sûr, nous devons faire plus, mais les employeurs hésitent quand il s'agit de signer des accords contraignants », a-t-il regretté.

Il estime que le phénomène de digitalisation de l’économie ouvre un champ important de négociation pour les partenaires sociaux européens.

*Bruegel est financé par certains Etats membres et banques centrales, ainsi que par des entreprises multinationales, parmi lesquelles plusieurs groupes bancaires.

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