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28 août 2019

Le choix qui s'offre aux syndicats belges : épargner ou investir

Par rapport au reste de l'Europe, les syndicats belges se portent encore bien ou très bien en termes de chiffres. Avec un taux net de syndicalisation de 53 % (en 2016), la Belgique se situe bien au-dessus de la moyenne européenne (28%). Seuls la Finlande (62%), la Suède (66%), le Danemark (67%) et l'Islande (90%) font mieux - et ce n'est pas un hasard car il s'agit des pays où les syndicats sont également impliqués dans le paiement des allocations chômage.

Mais le degré de syndicalisation diminue dans la plupart des pays. Dans 28 des 32 pays européens, le taux de syndicalisation est en baisse. Cette baisse est plus prononcée en Europe centrale et orientale.

C’est maintenant qu’il faut investir pour recruter de nouveaux membres. Des transferts de ressources sont encore possibles.

Toutefois, alors que le taux de syndication belge a fluctué autour de 55 pour cent depuis la fin des années 1990, il a baissé pour la première fois en raison des pertes de membres. Cette perte (à partir de 2011) est plus prononcée dans le cas de la CSC (Confédération des syndicats chrétiens), mais la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique) est également affectée (à partir de 2014).

Fait remarquable : la CGSLB (Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique) ne semble pas (pour l’instant) connaître une telle baisse. Tout comme la perte globale masque les différences entre les différents syndicats, il y a bien sûr aussi la diversité entre les centrales syndicales.

Nettoyage administratif

Quelles pourraient être les causes de ce déclin ? Il y a d’abord une raison ponctuelle à la CSC où un nettoyage administratif des membres a entraîné une certaine perte de membres. Mais certaines des causes sont aussi structurelles. La crise financière et économique de 2008 a affecté le tissu industriel. La Flandre, en particulier, a été particulièrement affectée et donc aussi dans une large mesure le pendant flamand de la CSC.

La part des fédérations syndicales issues de l’industrie dans le nombre de membres a donc diminué à un rythme accéléré. Le gouvernement Di Rupo (2011–2014) a encore durci l’accès du droit aux allocations de chômage. L’allongement de la période d’attente pour les jeunes a rendu plus difficile pour les syndicats de les atteindre. De plus, la pilarisation semble jouer un rôle limité chez les jeunes pour les convaincre d’adhérer à un syndicat. Cependant contrairement à la croyance populaire, les jeunes n’ont pas a priori une attitude négative envers le mouvement syndical.

C’est surtout qu’un groupe d’individus fortement syndiqué quitte le marché du travail en masse. Cela entraîne presque automatiquement la perte de membres… et de revenus. Alors que les dépenses en personnel et en équipement électronique (TIC) continuent d’augmenter, les ressources financières diminuent. Et le vent politique n’a pas non plus été très favorable aux syndicats ces derniers temps. Certaines des subventions que les syndicats peuvent recevoir pour leurs activités spécifiques ont été réduites ou supprimées.

Les employeurs réduisent les fonds destinés à la sécurité des moyens de subsistance dans certains secteurs économiques. Et il y a aussi un fait cyclique. Les syndicats perçoivent une indemnité administrative pour le paiement des allocations de chômage. C’est une épée à double tranchant. Le revenu augmente lorsque le chômage augmente, mais redescend lorsque l’économie reprend.

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