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4 novembre 2016

Relancer l'Europe en réconciliant économie, environnement et progrès social

Karl Falkenberg, le conseiller principal de Jean-Claude Juncker en matière de développement durable, propose de revigorer le projet européen en réconciliant ses dimensions économiques, sociales et écologiques. "Bien vivre et distribuer de manière équitable dans les limites de notre planète", a-t-il résumé lors d'un nouveau cycle d'évènements inauguré par l'ETUI le 24 octobre dernier. Intitulée "Débats prospectifs", cette initiative a pour ambition de traiter des défis futurs de nos sociétés et de nos économies.

"La dimension sociale de l'économie de marché a été délaissée. Nous en constatons aujourd'hui les conséquences avec la généralisation du sentiment de désenchantement dans toute l'Europe", a-t-il déclaré.

Pour celui qui a dirigé la DG Environnement de 2009 à 2015, s'il faut sortir le projet européen de l'impasse en renouant avec la croissance, celle-ci doit être compatible avec les défis sociaux et écologiques.

"Nous aurions besoin de deux planètes et demie si la population mondiale atteignait le niveau de vie des citoyens européens", a-t-il déclaré. Il est donc temps, selon lui, "de réfléchir à comment satisfaire nos besoins avec des ressources limitées". S'il parle de croissance, Mr Falkenberg estime nécessaire de la "dématérialiser", par exemple en concevant des biens beaucoup moins gourmands en matières premières, et en les recyclant plus d'une fois. "Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi, encore de nos jours, il faut 50 kilos de métal pour fabriquer un lave-linge", a-t-il lancé en boutade.

Karl Falkenberg plaide pour une transition vers une économie circulaire. Il cite en particulier l'exemple de l'"économie du recyclage", qui offre la possibilité à de nombreuses personnes peu qualifiées de s'insérer dans la vie professionnelle. A cet égard, il insiste sur la nécessité d'une croissance non seulement soutenable sur le plan écologique, mais également inclusive. Le conseiller de la Commission cite les chiffres alarmants d'Eurostat selon lesquels 24 % de la population de l'Union sont menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale.

Il suggère aux décideurs politiques un modèle de gouvernance plus inclusif, avec une véritable participation de la société civile, des entreprises et des ONG,  et une intégration du concept de durabilité dans tous les champs de l'action politique.

"Ce dont nous avons véritablement besoin, c'est d'une gouvernance durable, qui accorderait tout autant d'attention aux objectifs sociaux et environnementaux qu'économiques", a renchéri Luca Visentini. Lesecrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) constate peu d'évolutions : "S'ils ne sont pas avares de slogans, les décideurs se montrent incapables de répondre aux changements qui touchent l'Union européenne et le monde, tels que la numérisation et la robotisation, l'économie circulaire, etc.  ". Il regrette, "malgré les appels répétés de la CES", le peu de considération accordée par la Commission au point de vue des partenaires sociaux et de la société civile. 

Au sujet du plan Juncker, "qui pourrait doper la croissance durable", le leader syndical constate à regret que les investissements annoncés sont orientés vers des projets très traditionnels, peu innovants. Et Luca Visentini de lancer un appel pour une "transition juste", c'est-à-dire le développement d'une économie à faible consommation de carbone qui puisse créer des emplois décents pour tous.

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