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EU-28

5 mars 2019

UE : le palmarès des droits des femmes dans la législation du travail voit six pays de l’UE se distinguer

La Banque mondiale a récemment publié un nouveau rapport qui examine la discrimination selon le genre et les réformes en la matière opérées sur le marché du travail dans 187 pays à travers le monde au cours des 10 dernières années. Sur la base de 8 indicateurs, les pays se voient attribuer un score sur 100 dans tous les domaines. Un palmarès de l’égalité entre les genres peut ainsi être établi. Plusieurs pays de l’UE figurent au premier rang de ce classement, mais il reste du travail à accomplir pour parvenir à l’égalité de traitement entre les sexes.

Au sein de la Banque mondiale, le projet du groupe Women, Business and the Law (WBL) collecte des données sur les lois et les réglementations qui limitent les opportunités économiques pour les femmes. L’ensemble de ces données permettent d’identifier les obstacles à la participation économique des femmes et d’œuvrer à la réforme des lois discriminatoires. Le projet a permis d’améliorer l’étude de l’égalité des genres et de mener des débats informés sur l’amélioration des opportunités économiques et des moyens d’agir pour les femmes. L’ensemble des données établissent des benchmarks objectifs et quantifiables pour évaluer le progrès global vers l’égalité. Au cours de la dernière décennie, WBL a étendu son champ d’enquête à 187 économies et 8 thèmes pertinents concernant la participation économique des femmes. Le résultat, qui permet de comparer des économies, est utile pour la recherche et la discussion politique sur l’amélioration des opportunités économiques pour les femmes.

L’édition 2019 du rapport, Women, Business and the Law 2019: A Decade of Reform examine 10 années de données au travers d’un relevé structuré des décisions économiques prises par les femmes au fil de leur vie professionnelle. La présentation du rapport 2019 a été diffusée en direct. Le rapport examine comment les décisions économiques prises par les femmes sont influencées par la loi. Les données montrent l’importance des progrès accomplis au cours de la dernière décennie vers l’égalité juridique entre les genres. Dans 131 économies, 274 réformes des lois et réglementations ont été adoptées allant dans le sens d’une plus grande égalité des genres. Ce chiffre reprend les 35 économies qui ont mis en place des lois sur le harcèlement sexuel au travail, en protégeant près de 2 milliards de femmes de plus que 10 ans plus tôt. Le groupe a également analysé les résultats des études portant sur le pouvoir économique des femmes, en particulier leur participation au marché du travail.

Selon la méthodologie WBL, les pays se voient attribuer un score sur 100 dans tous les domaines. Il y a 10 ans, aucun pays n’avait obtenu un score de 100, ce qui signifie qu’aucun pays ne garantissait une égalité des droits légaux. Sur la base de 8 indicateurs, l’indice 2019 conduit à score mondial moyen de 74,71, ce qui indique qu’en moyenne, on observe toujours une inégalité des genres dans le quart des domaines examinés. En revanche, six économies de l’UE (Belgique, Danemark, France, Lettonie, Luxembourg et Suède) obtiennent un score de 100, ce qui signifie que dans ces économies, les femmes sont sur pied d’égalité sur le plan juridique avec les hommes pour les 8 indicateurs. Parmi ces pays les plus performants, la France a accompli les progrès les plus importants au cours de ces 10 dernières années, en adoptant une législation contre les violences domestiques, en prévoyant des sanctions pénales pour le harcèlement sexuel au travail, et en introduisant un congé parental rémunéré. La page Internet de WBL présente non seulement les rapports régulièrement publiés du projet mais aussi des fiches détaillées, et des informations sur la méthodologie utilisée et les scores obtenus.

Même si le rapport observe partout des progrès significatifs sur le plan théorique, il reste beaucoup à faire pour mettre en œuvre une égalité concrète. Les réformes juridiques énumérées n’ont pas nécessairement conduit à des changements en pratique et un score de 100 ne signifie pas automatiquement une égalité à 100 %. En particulier, l’écart de rémunération entre les genres persiste, même dans les pays les mieux placés. En Suède, par exemple, les femmes gagnent 5 % de moins que leurs collègues masculins.

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