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Finland

20 novembre 2018

Finlande : nouveaux défis pour le marché du travail à l'ère de l'intelligence artificielle

Le gouvernement finlandais a mis en place un groupe de pilotage dans le cadre de son programme d'intelligence artificielle afin d'examiner comment exploiter l'intelligence artificielle pour assurer la réussite des entreprises. Sur les cinq sous-groupes, un groupe de travail s’occupe de la transformation du travail et de la société. Les résultats préliminaires de ces travaux indiquent que chaque personne en âge de travailler devrait avoir un « compte (ou chèque) compétences » pour l'aider à accéder à la formation.

Le ministère finlandais de l'économie a publié récemment un rapport intitulé "Le travail à l'ère de l'intelligence artificielle", qui propose quelques recommandations politiques. Ce rapport fait partie d'un programme d’intelligence artificielle mis en place par le ministère et préconise que la société doit investir dans la mise à jour des compétences des travailleurs, faciliter la mobilité de la main-d'œuvre et générer des innovations qui viennent compléter le travail humain afin d'exploiter pleinement le potentiel de l'intelligence artificielle. Un groupe de pilotage a été constitué en mai 2017 pour préparer la Finlande à atteindre son objectif qui est de devenir un leader mondial dans l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA). Ce groupe a par ailleurs publié deux rapports de mi-parcours contenant un certain nombre de recommandations. 

Un premier rapport du groupe de travail sur l'intelligence artificielle publié à la fin de 2017 avait déjà formulé huit actions clés et des recommandations en la matière pour amener la Finlande à la pointe de l'intelligence artificielle. Ce premier rapport portait principalement sur la recherche de moyens pour rester compétitifs et sur d'autres questions liées au monde des entreprises. Il a toutefois été constaté, à la fin du premier rapport, la nécessité d’une stratégie de politique sociale multipartite susceptible d'aboutir à une "bonne société de l'intelligence artificielle". Pour ce faire, cette stratégie doit reposer sur le renouvellement actif des structures de la société et du marché du travail, afin que les impacts positifs de l'intelligence artificielle puissent être perceptibles.

Un deuxième rapport, publié à l'été 2018 (et maintenant disponible en anglais), comporte quatre parties principales. Chaque partie est élaborée par des membres de groupes de travail de différentes compositions et avec la participation d’experts, de syndicats et d'employeurs, ainsi que de hauts fonctionnaires. Ce rapport examine (1) les effets de l'intelligence artificielle sur les tendances générales de l'économie et de l'emploi ; (2) la transformation du travail et du marché du travail ; (3) les réformes dans le domaine de la formation et du maintien des compétences ; et (4) l'éthique. Les auteurs sont d’avis que le bon fonctionnement du marché du travail sera une condition essentielle de son succès. Ce rapport cite des études qui indiquent que l'intelligence artificielle détruira quelque 15 % des emplois d'ici 2030 et modifiera la nature du travail de manière significative dans une proportion beaucoup plus importante de tâches. Ces estimations recommandent le recyclage d'un million de travailleurs.

Une des propositions du groupe de travail va dans ce sens avec une réforme de l'apprentissage tout au long de la vie qui va permettre à chaque personne en âge de travailler de recevoir un compte (ou chèque) compétences qu'elle pourra utiliser pour actualiser ses compétences et se préparer aux nouveaux besoins dans ce domaine. Les travailleurs, les employeurs et la société auraient ensemble la responsabilité de mettre à jour les compétences de la main-d'œuvre. Cela créerait un marché de l’éducation et de la formation basé sur la demande. Un autre constat est que la digitalisation peut apporter davantage de sens et de cohérence au travail. Il faut toutefois que les travailleurs aient la possibilité de contribuer à l'introduction et à l'application des nouvelles technologies. Ce rapport indique que jusqu'à présent, dans la majorité des lieux de travail, il n'y a pratiquement pas de « participation » ou de « voix des travailleurs » à ce niveau.

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