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France

7 mai 2018

France: Réforme des chemins de fer français : quels sont les projets ?

Les plans visant à priver les conducteurs de train de leur régime de travail particulier, y compris le départ à la retraite à 52 ans, ont donné lieu à une série de grèves à l'échelle du pays. Le litige SNCF a été en grande partie à l'origine de mouvements de grève dans d'autres services publics. Jusqu'à présent, les réunions entre les syndicats et le gouvernement se sont achevées sans résultat.

Le gouvernement français a annoncé début 2018 un effort ambitieux pour réformer la SNCF, l'opérateur ferroviaire national. L'annonce a été faite peu de temps après la publication d'un rapport, commandé par le gouvernement, sur la stratégie ferroviaire nationale. Le rapport a été rédigé par Jean-Cyril Spinetta, cadre supérieur d'entreprises publiques. Le gouvernement a accepté la plupart des recommandations et a annoncé le début des consultations avec les syndicats. Dans les semaines qui ont suivi, les syndicats ont appelé à des grèves dans tout le pays pour protester contre la réforme. Bien que plusieurs sondages d'opinion suggèrent que la population est divisée, avec des marges étroites pour et contre la protestation à l'échelle du pays, l'annonce de la réforme a conduit à une action de grève qui a paralysé le système de transport public. Entre-temps, les réunions entre le gouvernement et les syndicats n'ont pas abouti à un compromis.  

Le rapport qui analyse la situation actuelle des chemins de fer nationaux énumère plusieurs défis pour l'avenir proche. Il parle du rôle clé que les chemins de fer jouent et peuvent jouer à l'avenir, compte tenu de la croissance démographique et de la nécessité de trouver des solutions durables pour accroître la mobilité. Le rapport traite également de la sous-performance, de la croissance des coûts et des déséquilibres dans le financement du réseau existant. Par conséquent, l'allocation des ressources financières doit devenir plus efficace et les services doivent s'améliorer sans alourdir le budget public. C'est sans doute la moins controversée des conclusions.

Cela devient plus problématique dès que le rapport entre dans le débat sur la manière de minimiser les coûts. Le rapport suggère d'ouvrir le système à la concurrence et de transformer les chemins de fer en une société nationale à capitaux publics. La CGT, par exemple, craint que cela n'aboutisse à une privatisation des chemins de fer. L'aspect le plus controversé des propositions est de mettre fin au statut des cheminots. Ces derniers bénéficient d'un contrat de travail contenant des dispositions spéciales telles que la sécurité d'emploi à vie, l'indexation automatique des salaires, la retraite anticipée et des billets de train gratuits pour leur famille.

Certains observateurs estiment que le gouvernement a pris un grand risque en commençant par appliquer à une entreprise nationale parmi les plus symboliques une série de réformes déjà impopulaires avant même la transformation du paysage politique français.

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