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Greece

25 septembre 2018

Grèce : le rétablissement de relations industrielles modernes sera un chemin long et sinueux

Cet été, la Grèce a finalement abandonné son plan de sauvetage, presque dix ans après l'explosion de la crise financière. Le travail de la troïka et des pays créanciers de la zone euro a transformé l'économie du pays et la vie de sa population. Le système de relations industrielles a été démantelé et l'effet sur les salaires a été dramatique. Le gouvernement a annoncé le retour à un modèle acceptable qui restaure la négociation collective et prolonge les conventions collectives.

Le programme dicté par les créanciers du pays a conduit à la réforme du système de négociation collective, à la diminution du salaire minimum et à la réduction des effectifs dans la fonction publique (de 150.000 emplois). L'argument principal était que le coût de la main-d'œuvre dépassait la croissance de la productivité. Les créanciers ont dicté des réformes structurelles douloureuses telles que la baisse des salaires, des retraites et des personnels dans le secteur public. Il en a résulté une baisse marquée du revenu, du pouvoir d'achat et du niveau de vie des ménages.

À la veille de la fin du troisième renflouement, le gouvernement a annoncé son intention de fournir les détails d'une série d'interventions immédiatement après le 21 août, date d'expiration officielle du programme. Le gouvernement envisageait un retour à un système plus décent de relations de travail et à une politique de salaire minimum. Il s'agit notamment de rétablir les mécanismes de négociation collective sur le marché du travail, d'augmenter progressivement le salaire minimum et d'augmenter les rémunérations des fonctionnaires qui les ont vues réduites au fil des ans.

Les mesures annoncées reflètent dans une certaine mesure les recommandations qui ont été, à un stade antérieur, rejetées par les créanciers ( voir notre article du 16 juin 2017). Les syndicats ont mené des mouvements de protestation et des grèves pour soutenir la négociation collective et le rétablissement des salaires et des droits des travailleurs. Ils ont l'impression que la fin du renflouement a conduit à une plus grande agressivité de la part des entreprises qui refusent de renouveler les accords salariaux, y compris ceux portant sur des augmentations.

Les organisations patronales ont réagi négativement à certains des premiers actes législatifs qui ont été présentés récemment, faisant valoir qu'une telle législation du travail réduirait ou inverserait les réformes antérieures et découragerait les investisseurs.

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