European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > Reforms Watch > Spain > Espagne : la réforme drastique peut conduire à une révisi...

Spain

20 novembre 2018

Espagne : la réforme drastique peut conduire à une révision des mesures d'austérité

Les partis de la coalition du gouvernement minoritaire espagnol se sont mis d'accord sur un partenariat qui ouvre la voie à un projet de budget 2019 et à des mesures sociales qui pourraient conduire à un revirement des réformes liées à l'austérité. Le succès du budget socialement progressiste dépend toutefois de l'obtention d'un soutien incertain de la part de Bruxelles et des partis de l'opposition au sein du Sénat. Ces mesures pourraient entraîner une augmentation substantielle des salaires.

Le gouvernement a confirmé son intention de revoir une partie substantielle des mesures d'austérité  dans un plan budgétaire socialement progressiste pour 2019. Ces propositions devraient permettre un rattrapage spectaculaire des baisses de salaire subies durant la période d'austérité. La pierre angulaire du nouveau partenariat au sein du gouvernement minoritaire est un ensemble de mesures sociales telles que l'augmentation de 22% du salaire minimum, la plus forte augmentation de ces 40 dernières années. Il est en outre prévu d’améliorer le congé de paternité. Le projet de budget 2019 doit toutefois être adopté par le Parlement et le Sénat, et son approbation au niveau de l'UE est également quelque peu incertaine.

Le gouvernement minoritaire avait déjà, dans son premier discours politique, défini les priorités en matière de travail et d'emploi pour le reste de la législature, qui se terminera en 2020. Il avait promis au départ une augmentation substantielle des salaires, une lutte accrue contre l'exploitation des travailleurs, un soutien aux politiques actives du marché du travail, une réduction de l'écart salarial et une meilleure intégration des jeunes sur le marché du travail. Son objectif est d'inverser les changements apportés par les gouvernements conservateurs précédents.

Les partenaire sociaux examineront les principales mesures prises dans le cadre de la réforme du droit du travail en 2012, en commençant par le rétablissement des conventions collectives sectorielles, qui prévaudront sur les accords d'entreprise. De plus, la reconduction pour une période indéterminée des conventions collectives arrivant à échéance remplacera la prorogation actuelle de 12 mois. Il sera également question de l'application du principe "à travail égal, salaire égal" dans les cas d'externalisation ou de sous-traitance, avec pour objectif de lutter contre la pratique du "regime-shopping". Les travailleurs qui effectuent le même travail que les travailleurs recrutés directement par l'entreprise utilisatrice bénéficieront des mêmes conditions essentielles de travail et d'emploi. Il incombe à cette dernière de gérer des questions telles que la rémunération, le temps de travail, les conditions d'embauche, les obligations en matière de sécurité sociale et les mesures de conciliation vie professionnelle/vie familiale (comme les congés payés pour les deux parents). Par ailleurs, outre l'augmentation du salaire minimum de 735 € à 900 € et l'amélioration des congés, le gouvernement a prévu de présenter des mesures visant à réduire l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes.

Toutes les actualités