European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > Thèmes > Santé et sécurité - Conditions de travail > Actualités > Amiante: le Canada doit demeurer informé des études, aver...

Actualités

17 juin 2011

Amiante: le Canada doit demeurer informé des études, avertit l'OIT

En signant la Convention de Rotterdam, le Canada a promis de se tenir informé de l'évolution des études scientifiques et de la technologie concernant l'amiante, a rappelé l'Organisation internationale du Travail (OIT) le 11 juin dernier. Deux jours plus tard, le Nouveau Parti démocratique (NPD), un parti d'opposition situé à gauche, ressortait une recommandation faite par Santé Canada en 2006, et dans laquelle le ministère laisse entendre que le gouvernement conservateur de Stephen Harper ne suit pas les recommandations de ses propres experts au sujet de l'amiante chrysotile.

Le député néo-démocrate Pat Martin a affirmé à Ottawa que le rapport de Santé Canada «demande clairement au gouvernement» d'inclure l'amiante à la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam de 2004, dont le Canada est signataire. Pour le Canada, qui est l'un des plus grands exportateurs mondiaux de ce minerai cancérigène dont les dangers sont bien documentés, cette attaque de l'opposition officielle tombe bien mal.

Elle survient peu après la publication d'un nouveau rapport préliminaire de l'OIT qui exhorte le Canada de considérer les données de l'Organisation mondiale de la santé et d'autres organisations internationales reconnues à propos des dangers de l'exposition à l'amiante. Le document a été présenté à Genève dans le cadre du congrès du 100e anniversaire de l'OIT. Dans son document, l'OIT souligne que le gouvernement canadien reconnaît les dangers de l'exposition à l'amiante en milieu de travail, et qu'il est signataire de la Convention de 1986 concernant la sécurité dans l'utilisation de l'amiante. Cette convention, précise le rapport, oblige le Canada à rester à la fine pointe des progrès technologiques et des connaissances scientifiques sur l'amiante.

Le pays continue d'exporter les fibres cancérigènes de l'amiante, et il bénéficie de l'accord et des encouragements des gouvernements conservateur à Ottawa et libéral à Québec. L'industrie emploie des centaines de personnes à Thetford Mines et à Asbestos. Malgré des mesures de contrôle intérieur qui frôlent l'interdiction, le Canada ne cesse de consacrer des efforts afin que l'amiante ne fasse pas partie de la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam. Le 20 juin prochain, des délégations internationales doivent se rencontrer à Genève afin de mettre à jour la Convention de Rotterdam. Le dossier de l'amiante sera au coeur des discussions.

Source: The Canadian Press
Toutes les actualités