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21 juin 2018

Baisse importante du taux d’emploi cinq ans après le diagnostic d’un cancer

L'Institut national du cancer (INCa) et l'Institut national de la recherche et de la santé médicale (Inserm) ont rendu publics le 20 juin les résultats d’une étude menée en France en 2015 auprès de 4 179 personnes âgées de 23 à 87 ans auxquelles un cancer avait été diagnostiqué cinq ans plus tôt. L’enquête porte notamment sur les conséquences de la maladie sur la vie professionnelle des victimes.

En cinq ans, le taux d'emploi chez les malades baisse de plus de dix points, passant de 87,3 % à 75,9 %. « En tenant compte du fait que les personnes en arrêt maladie restent administrativement en situation d'emploi, c'est une personne sur cinq qui ne travaille pas cinq ans après un diagnostic de cancer », observent les auteurs de l’étude.

Les malades les plus exposés à l’arrêt de l’activité professionnelle se retrouvent parmi les travailleurs exécutants, les salariés du secteur privé, les individus travaillant dans les très petites entreprises, les plus jeunes et les plus âgés, les chefs d'entreprise et les personnes ayant connu un diagnostic de cancer du poumon, des voies aérodigestives supérieures ou un cancer colorectal.

L’étude montre par ailleurs que plus d’un quart des personnes diagnostiquées en 2010 ont connu une diminution de leurs revenus disponibles cinq ans après le diagnostic. Celles-ci présentent les profils les plus vulnérables sur le marché du travail (femmes, personnes avec niveau d’étude inférieur au baccalauréat, travailleurs indépendants). Elles vivent fréquemment seules et déclarent vivre avec des séquelles liées à la maladie et/ou à son traitement.

Les participants à l’étude ont également été interrogés sur les mesures prises par leur employeur pour faciliter leur réintégration. 62,7 % ont pu bénéficier d’un aménagement de leur temps de travail. Les personnes qui en ont bénéficié le plus sont les femmes, les personnes initialement à temps plein, les salariés du secteur public et les personnes à contrat à durée indéterminée.

Plus de 3 millions de personnes en France vivent aujourd’hui avec un cancer ou en ont guéri.

Sources : Inserm, Le Monde.

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