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21 décembre 2016

Belgique : un employeur condamné pour avoir licencié une employée atteinte d'un cancer

Le tribunal du travail de Gand a condamné le 25 octobre 2016 une entreprise à verser 22.000 euros d'indemnités à une employée atteinte d'un cancer qui avait été licenciée, vient de rapporter la presse belge. L'entreprise avait invoqué dans la lettre de licenciement le fait que l'absence de longue durée de son employée mettait la "continuité du service" en péril.

Le tribunal du travail de Gand a condamné le 25 octobre 2016 une entreprise à verser 22.000 euros d'indemnités à une employée atteinte d'un cancer qui avait été licenciée,  vient de rapporter la presse belge. L'entreprise avait invoqué dans la lettre de licenciement le fait que l'absence de longue durée de son employée mettait la "continuité du service" en péril.

"Je n'ai jamais reçu d'excuses, ni même un au revoir décent. Mes collègues se sont même vus interdire à un moment donné de me contacter", a expliqué Bjoke Carron au quotidien flamand De Morgen. La jeune femme, qui était âgée de 42 ans quand elle a appris qu'elle était atteinte d'un cancer du sein, a bénéficié du soutien d'Unia, un service public indépendant de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances.

"Tout le monde sait que les discriminations sur base du sexe, de la race ou de l'âge sont interdites et punissables par la loi", explique la co-directrice d'Unia, Els Keytsman. "Mais ce que les gens ignorent souvent, c'est que l'état de santé est également un critère de discrimination. Personne ne peut être licencié pour cause de maladie", poursuit-elle.

Unia a décidé d’aller en justice aux côtés de Mme Carron après avoir tenté de négocier une solution à l'amiable avec l'employeur.

En 2015, Unia a ouvert 17 dossiers en lien avec des discriminations en raison de l'état de santé.  Pour Els Keytsman, ces cas ne représentent que le sommet de l'iceberg : "Beaucoup de cas échappent à notre radar car les victimes, du fait de leur maladie,  n'ont pas l'énergie nécessaire pour dénoncer leur situation."

Unia note que les employeurs sont de plus en plus prompts à licencier une personne indisponible pour cause de maladie, au lieu d’examiner soigneusement la façon dont la personne peut continuer à travailler.

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