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24 mars 2014

Cancers professionnels parmi les dockers du port de Nantes/Saint-Nazaire

Les 20 et 21 mars derniers, les résultats d'une enquête sur la santé des travailleurs du port de Nantes/Saint-Nazaire (Pays de Loire, ouest de la France) ont été présentés lors de deux journées organisées par l'université de Nantes.

Intitulée Escales, cette enquête est le fruit d'une collaboration étroite entre chercheurs et travailleurs portuaires. Elle trouve son origine en 2009, quand des dockers syndiqués, touchés par le cancer et résolus à ne pas considérer leur maladie comme une fatalité, créent l’Association pour la protection de la santé au travail dans les métiers portuaires (APPSTMP). Ils décident de mener l’enquête parmi leurs collègues. Les résultats sont accablants : sur les 243 dockers et anciens dockers déjà actifs en 1992 sur les ports de Nantes et Saint Nazaire, 85 ont signalé être atteints d’une maladie grave et 43 sont décédés. La reconnaissance en maladie professionnelle est cependant inexistante.

Escales avait pour objectif de reconstituer les parcours professionnels des dockers atteints de cancer et d'identifier leur exposition à des cancérogènes connus. Les résultats confirment l’exposition à l’amiante, aux pesticides, fongicides et autres antiparasitaires, aux radiations ionisantes, aux fumées de diesel, aux poussières métalliques, au plomb, etc.

Les journées de clôture du programme ont réuni des syndicalistes et militants associatifs, des chercheurs et des médecins, des hauts fonctionnaires chargés de la santé au travail, des inspecteurs du travail, des étudiants, tous préoccupés par l’invisibilité des cancers professionnels alors que frappe une "épidémie" de cancers.

Outre les travaux portuaires, ces deux journées ont permis de mettre au jour des problèmes sérieux dans d'autres secteurs : agriculteurs exposés aux pesticides, sous-traitants de la sidérurgie, de la pétrochimie ou du nucléaire, travailleurs du BTP, etc. Ces situations montrent l’absence de stratégie active de prévention du risque cancérogène en milieu de travail. Les participants ont exprimé avec force que ces situations appellent des actions urgentes, tant sur le terrain de la prévention (pour arrêter l’hécatombe) qu’en termes de reconnaissance en maladie professionnelle des travailleurs soumis à une polyexposition aux cancérogènes.

Escales bénéficie notamment du soutien de l’université de Nantes, du conseil régional des Pays de Loire et de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

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