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18 décembre 2013

Conférence "Emplois pénibles": l'avenir de la politique de l'UE en santé au travail en débat

Dans le cadre de sa grande conférence annuelle en santé et sécurité au travail (SST), l'ETUI avait convié le 11 décembre des représentants de la Commission européenne, des syndicats et des experts reconnus à débattre des conditions de travail des travailleurs âgés.

Les atermoiements de la Commission européenne quant à l'adoption d'une stratégie en SST pour la période 2013-2020 et l'annonce en octobre du gel des processus de révision ou d'adoption de directives en ce domaine ont été mal accueillis par le mouvement syndical européen. La représentante de la Commission, Teresa Moitinho, a donc été interrogée sur le sort réservé par l'UE à sa politique en SST, davantage que sur le sujet des "travailleurs âgés".

"Les services de la Commission sont occupés à analyser les réponses à la consultation publique menée en été via Internet. Nous analysons également les positions adoptées sur ce sujet par le Parlement, le Comité consultatif de Luxembourg et d'autres instances. Il est donc inexact de prétendre à ce stade que la Commission a refusé d'adopter une nouvelle stratégie en santé au travail", a tenu à préciser la chef de l'unité Santé, sécurité et hygiène au travail de la DG Affaires sociales.

Pour David Walters, de l'université de Cardiff, les récentes décisions de la Commission européenne s'inscrivent dans la ligne défendue de longue date par le gouvernement britannique.

"L'agenda dérégulationniste existait déjà sous le New Labour mais a connu un coup d'accélérateur avec le gouvernement de Mr Cameron. L'attaque contre la législation en SST s'inscrit dans une tendance plus large. C'est le droit du travail dans son intégralité qui est visé. Il y a collusion entre les médias de droite et le gouvernement actuel pour discréditer toute forme de réglementation en utilisant des termes péjoratifs. On parle d''interférence bureaucratique' et en parallèle une culture de compensation 'à l'américaine' se développe", observe l'expert en SST.

"Une autre manière de s'attaquer à la législation en SST consiste à réduire les budgets de l'inspection du travail et du HSE [l'autorité britannique en charge de la SST]", ajoute Mr Walters.

Un point de vue qui semble être partagé par Judith Kirton-Darling, la secrétaire confédérale de la Confédération européenne des syndicats en charge de la SST : "Les politiques d'austérité sont des politiques à court terme qui placent les États face à de multiples problèmes à plus long terme."

Et d'appeler à une stratégie syndicale de mobilisation des catégories de travailleurs les plus précaires (intérimaires, migrants, jeunes, etc.), celles qui précisément ont le moins accès à de véritables moyens – notamment par la voie syndicale - de défense de leurs droits.

La question du "genre" dans le débat sur les "emplois pénibles", peu débattue lors de la table ronde, a cependant émergé lorsque les intervenants ont abordé les conditions de travail dans les salons de coiffure, dont l'immense majorité des travailleurs sont … des travailleuses.

Elke Schneider, de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, a rappelé l'existence d'outils d'analyse des risques développés spécifiquement pour ces métiers par son organisation (www.oiraproject.eu).

Exposition aux substances chimiques via les laques, les teintures et autres produits de beauté, troubles musculosquelettiques divers à force de rester debout toute la journée, stress lié à une clientèle souvent exigeante et pas toujours respectueuse, la vie d'une coiffeuse est bien éloignée de l'image glamour qu'on s'en fait.

Pour en savoir plus sur les autres interventions au cours deux journées de conférence : présentations PowerPoint

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