European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > Thèmes > Santé et sécurité - Conditions de travail > Actualités > De nouvelles études confirment les effets cancérogènes du...

Actualités

22 janvier 2018

De nouvelles études confirment les effets cancérogènes du travail de nuit

Ces dernières semaines, plusieurs études sont venues confirmer les conclusions de recherches plus anciennes quant aux risques accrus de cancer pour les travailleurs travaillant de nuit ou en horaire posté.

Des chercheurs de l’université de Sichuan (Chine) ont passé en revue 61 études publiées de 1996 à 2017 sur les effets du travail de nuit sur la santé des femmes.  Les données recueillies se rapportent à 115.000 cas de cancers et 4 millions de participantes vivant en Amérique, Australie, Asie et Europe. Leur conclusion : sur le long terme, le risque de cancer du sein augmente de 32%, celui de la peau de 41% tandis que le risque de cancer digestif s’accroît de 18%. Parmi les cohortes d’infirmières, un surrisque de cancer du poumon de 28% est observé.

Pour chaque tranche de cinq ans de travail de nuit, le risque de cancer du sein augmenterait de 3,3 %.

Parmi toutes les professions étudiées, les infirmières sont les plus touchées : un risque aggravé de 58 % pour le cancer du sein, 35 % pour celui du système digestif (estomac, œsophage, foie, pancréas, côlon rectum) et 28 % pour le poumon.

Cette recherche a été publiée début janvier dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention.

Les horaires de travail atypiques sont également néfastes à la santé des hommes. En septembre 2017, une étude parue dans The Scandinavian Journal of Work Environnement & Health, a montré que les travailleurs effectuant un travail posté ou de nuit présentent un risque accru de cancer de la prostate. Les chercheurs ont observé un doublement du risque chez ceux-ci par rapport aux travailleurs qui n'ont jamais effectué de travail posté ou de nuit. Ceux employés pendant plus de 20 ans dans un travail posté ou de nuit rencontrent même de trois à quatre fois plus de risques de contracter un cancer de la prostate.

Les secteurs où les risques sont les plus élevés sont la métallurgie (coupe de métaux, façonnage de métaux, fonderies), les mines et la construction mécanique et ingénierie de production.

Les chercheurs ont suivi une cohorte de 1757 hommes de la région fortement industrialisée de la Ruhr.

Le travail posté est considéré depuis 2007 comme "probablement cancérogène" par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Selon la dernière édition de l’enquête européenne sur les conditions de travail, qui remonte à 2015, 19 % des travailleurs européens sont engagés dans un travail de nuit. Cette enquête a mis en évidence que les salariés qui travaillent la nuit sont généralement soumis à̀ des facteurs de pénibilité physique plus nombreux, une pression temporelle plus forte (horaires, contraintes de rythmes, délais, etc.), des tensions avec leurs collègues ou le public plus fréquentes.

En savoir plus :

Xia Yuan, et al., Night Shift Work Increases the Risks of Multiple Primary Cancers in Women: A Systematic Review and Meta-analysis of 61 Articles, Cancer Epidemiol Biomarkers Prev., January 2018. Résumé

Behrens T., et al., Shift work and the incidence of prostate cancer: a 10-year follow-up of a German population-based cohort study, Scand J Work Environ Health, September 2017. Résumé

 

Toutes les actualités