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10 septembre 2019

Des perturbateurs endocriniens particulièrement concentrés chez les enfants

Esteban couverture

Il existe des centaines de substances qui perturbent la production d’hormones. Employées massivement par l’industrie dans de nombreuses productions, ces substances sont associées à de graves problèmes de santé comme des cancers, des atteintes à la santé reproductive, des troubles du développement comme l’obésité, une baisse du quotient intellectuel,… Parmi elles, on retrouve notamment les bisphénols, les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme bromés, les composés perfluorés (PFC). Pour la première fois, Santé publique France a mesuré la présence de ces substances hautement préoccupantes dans l’organisme des enfants et des adultes auprès d’un large échantillon (1 104 enfants et 2 503 adultes) représentatif de la population française. Ce travail a été effectué dans le cadre de l’enquête de santé publique ESTEBAN (enquête de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition).

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Près de 70 biomarqueurs ont été suivis. L’étude est basée sur des prélèvements biologiques (urines, sérum et cheveux) et l’envoi d’un questionnaire sur les habitudes de vie, les consommations alimentaires, les caractéristiques des participants. L’analyse croisée des résultats des prélèvements et des questionnaires permet de quantifier la présence de ces polluants dans la population et mieux connaître les sources d’exposition. 

Les résultats indiquent que ces substances omniprésentes dans les objets de la vie courante et qui sont souvent des perturbateurs endocriniens ou des cancérigènes, avérés ou suspectés, sont « présents dans l’organisme de tous les Français » et « des niveaux d’imprégnation plus élevés sont retrouvés chez les enfants ». En règle générale, les niveaux d’imprégnation relevés sont comparables à ceux d’autres études menées à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et au Canada.

Cette première grande étude de biosurveillance sera suivie de deux autres volets sur les métaux et les pesticides. L’étude n’aborde pas explicitement la question des expositions professionnelles. « Elle reflète une lacune malheureusement habituelle dans la plupart des politiques de santé publique », estime Laurent Vogel, chercheur sénior à l’ETUI. « On dispose, à partir d’autres sources, de données qui montrent que les expositions professionnelles sont une source importante d’imprégnation pour de nombreuses activités », conclut-il. 

Rapports issus de l’étude ESTEBAN

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