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9 septembre 2016

Espagne : la précarité provoque une hausse des accidents du travail

Les dernières statistiques concernant les accidents du travail en Espagne indiquent que ceux-ci ont augmenté de 12.3 % en 2015 par rapport à l’année 2012. En 2015, on a dénombré plus de 529.000 accidents parmi lesquels 629 ont été mortels. Les données disponibles pour le premier semestre de 2016 confirment l’inquiétante tendance à la hausse.

La hausse ne s’explique pas uniquement par la remontée de l’emploi après plusieurs années de crise. On constate une hausse du taux de fréquence des accidents dans l’ensemble des secteurs considérés qu’il s’agisse de l’industrie, de la construction, de l’agriculture, des services ou des médias. Cette tendance inquiétante représente un renversement par rapport à la réduction régulière des taux de fréquence des accidents du travail qui avait été observée entre 2000 et 2012. L’augmentation du taux de fréquence des accidents est plus importante parmi les femmes (15 % d’augmentation entre 2012 et 2015) que parmi les hommes (8 % d’augmentation).

Les organisations syndicales soulignent que la cause principale de cette augmentation des accidents du travail est la précarité. Pour Isabel Araque, secrétaire confédérale de l’UGT, une des deux principales confédérations syndicales espagnoles, « La précarité dans le travail rendue possible par les réformes du gouvernement (augmentation des contrats à durée déterminée et à temps partiel) produit une détérioration de la santé et des conditions de travail ». Pedro Linares, responsable de l’autre grande centrale syndicale espagnole, les Commissions Ouvrières, précise : « D’un côté, la charge de travail augmente ; de l’autre, pendant la crise, les entreprises ont donné la priorité à d’autres choses et la prévention est passée au deuxième plan ». Les deux responsables insistent sur le fait que la peur de perdre leur emploi oblige les travailleurs à accepter de plus mauvaises conditions de travail.

Les accidents sur le chemin du travail méritent une attention particulière. Ils touchent principalement des femmes (presque 57 % alors qu’elles représentent 45 % de la population occupée). La raison principale est que les femmes travaillent davantage que les hommes à temps partiel, qu’elles doivent souvent combiner deux postes de travail et qu’elles doivent, en plus, assurer plus de tâches domestiques et familiales que les hommes. 

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