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27 septembre 2018

États-Unis : une enquête lève le voile sur les conditions de travail des détenus actifs dans l’industrie de la volaille

À la suite du décès d’un détenu dans un accident du travail survenu en octobre 2017 dans une usine de volaille d’Alabama, une ONG américaine a mené une enquête sur les conditions de travail des prisonniers américains sélectionnés pour travailler dans le cadre d’un programme d’emploi connu sous le nom de work-release (« mise en liberté par le travail »).

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) estime que, dans au moins sept États, des dizaines d’entreprises du secteur de la volaille ont eu recours à au moins 600 détenus au cours des dernières années.

Ceux-ci, comme leurs ‘collègues’ non détenus, y subissent des conditions de travail particulièrement pénibles. Les objectifs de production atteignent régulièrement les 140 carcasses par minute. Ces rythmes de travail occasionnent de multiples accidents. Le secteur présent un taux de blessés qui est presque le double de la moyenne nationale, et 72 % des répondants à l’enquête ont affirmé souffrir de blessures ou maladies sérieuses liées à leur travail. Les travailleurs du secteur de la volaille tombent six fois plus souvent malades que la moyenne de la population active américaine. Parmi les travailleurs affectés à des tâches de désinfection des abattoirs de volaille, 30% affirment éprouver des difficultés respiratoires. Ce type de fonction requiert l’usage de nombreux produits chimiques.

L’ONG a dénombré depuis 2015 dans les États de Géorgie et de Caroline du Nord au moins 24 incidents ayant provoqué des blessures parmi les prisonniers occupés dans l’industrie de la volaille.

L’avantage principal du travail dans le secteur privé pour les détenus réside dans la possibilité de gagner, au moins sur papier, un salaire horaire. Mais, selon le SPLC, bien que les salaires minimaux soient d’application pour les détenus, une fois les frais et autres déductions prélevés par le département de l'administration pénitentiaire d’Alabama, les travailleurs se retrouvent avec seulement 13 centimes pour un dollar.

Source : SPLC

Pour en savoir plus (en anglais) : ‘The Kill Line’ 

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