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15 juillet 2013

États-Unis : une enquête sur les conditions de travail met en lumière les inégalités entre "cols bleus " et "cols blancs"

Aux États-Unis comme en Europe, la plupart des enquêtes de santé publique négligent l’impact des conditions de travail. L’enquête menée en 2010 par un service du ministère de la Santé des États-Unis (le Centers for Disease Control and Prevention, CDC) répare cet oubli. Elle met en évidence de fortes disparités en matière de santé en fonction des catégories de travailleurs. Les plus mal lotis sont les ouvriers et les travailleurs hispanophones.

Environ 20% des 17.500 travailleurs interrogés (sur un total de 27.000 participants) mentionnent un contact cutané durant le travail avec des substances potentiellement dangereuses. Alors que 27% des travailleurs les moins diplômés sont concernés, ce chiffre tombe à 11% pour les travailleurs qui ont suivi une formation d’un niveau supérieur.

Même constat pour l'exposition aux vapeurs, gaz, poussières ou fumées : 25% des travailleurs sont touchés, mais le chiffre grimpe à 39,5% chez les personnes qui ont une éducation inférieure et à 32% parmi les personnes d’origine hispanique. Si l’on tient compte des secteurs d’activité, ces expositions à ces substances touchent la majorité des travailleurs des mines (67%), de l’agriculture (53%) et de la construction (51%).

En ce qui concerne le syndrome du canal carpien, une maladie liée au travail répétitif qui affecte 4,8 millions de travailleurs américains, le secteur le plus touché est - sans surprise – l’industrie manufacturière. Des estimations faites par des médecins attribuent les deux tiers de ces pathologies aux conditions de travail. Les femmes en sont nettement plus souvent victimes que les hommes (4,5% de l’ensemble des travailleuses contre 1,9 des travailleurs).

La crainte de se retrouver au chômage affecte également la santé des travailleurs. Près d'un travailleur sur trois exprime cette crainte, mais dans les faits ce sont surtout les travailleurs d’origine hispanique (47%), les personnes divorcées ou séparées et les personnes ayant un faible niveau de formation qui se retrouvent en situation de précarité

Le seul risque pour la santé pour lequel l'enquête donne des résultats plus favorables pour les travailleurs peu qualifiés concerne la durée du travail. Près de 19% des travailleurs doivent travailler 48 heures ou plus par semaine et 7% atteignent ou dépassent 60 heures. Ce chiffre grimpe à 9% parmi les travailleurs avec des diplômes supérieurs contre 5% pour les faiblement diplômés.

L'enquête de santé publique du CDC est menée tous les ans depuis 1957. En plus de 50 ans, elle n’a abordé les conditions de travail qu’à deux reprises : en 1988 et 2010.

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