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28 octobre 2019

L’effet cocktail des produits chimiques peut-il contribuer à l’autisme ?

reproductive toxicology

Une recherche in vitro menée par le Centre commun de recherche (en anglais Joint Research Centre - JRC ) de la Commission européenne indique que des substances isolément non neurotoxiques peuvent, lorsqu'elles sont mélangées, avoir un impact négatif sur le développement neuronal. Ces résultats ont été présentés par Ana Bal-Price en septembre 2019 à l’occasion de la 47e conférence européenne de tératologie[1] et publiés dans le numéro de septembre 2019 de la revue Reproductive Toxicology.

Pour étudier cet « effet cocktail », les chercheurs ont utilisé des produits chimiques de différentes classes, tels que des pesticides et d'autres produits industriels de synthèse dont on sait qu'ils contaminent l'espèce humaine et qui sont associées à une déficience cognitive chez les enfants.

Les substances sélectionnées étaient : le chlorure de plomb (II) ; le chlorpyrifos ; le polybromodiphényléther-47 ; l’éthanol et le bisphénol A.

Ces mélanges ont été testés in vitro sur une culture de cellules du système nerveux permettant d’observer des processus clés du développement du cerveau humain. On sait que ce développement s’étend sur une longue période qui commence dès le stade fœtal et se poursuit jusqu’à l’âge adulte. Pendant cette période, le système nerveux en développement est particulièrement vulnérable aux expositions chimiques.

Certains mélanges chimiques ont causé des effets neurotoxiques. Les effets observés reflètent des changements cellulaires similaires à ceux qui ont été observés dans le cerveau d'enfants autistes. La recherche confirme l’hypothèse que des mélanges de substances qui sont considérées comme non neurotoxiques lorsqu’on les analyse de manière isolée peuvent cependant avoir des effets négatifs sur le développement lorsqu’elles sont combinées et cela même à des niveaux d’exposition faibles.

Anna Bal-Price considère que des études ultérieures sont nécessaires pour savoir si ces données peuvent être extrapolées dans des situations in vivo, c’est-à-dire quand des personnes sont effectivement exposées.

Cette recherche montre les limites actuelles de la régulation des risques chimiques. « Les tests rendus obligatoires devraient être adaptés pour rendre compte de ces effets », estime Laurent Vogel, chercheur sénior à l’ETUI. « Les expositions en milieu de travail sont très souvent des expositions multiples et les règles de prévention devraient être rendues plus strictes de manière à privilégier la substitution des substances dangereuses », conclut-il. 

[1] La tératologie est la science qui étudie les malformations congénitales et héréditaires chez les êtres vivants.

Lire le numéro de la revue "Reproductive Toxicology"

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