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23 février 2018

L’exposition des ouvriers aux risques physiques traditionnels reste élevée

Une vaste enquête sur les conditions de travail en France montre que les ouvriers restent soumis à d’importantes « contraintes physiques » sur leur lieu de travail, tout en ayant une autonomie dans leur travail de plus en plus faible.

Un service du ministère français du Travail a rendu publics fin décembre 2017 les premiers résultats de son enquête sur les conditions de travail. Ils montrent que les ouvriers continuent à être massivement exposés aux risques physiques (p. ex. le bruit, les produits dangereux, les poussières).

Ainsi, 61 % des ouvriers qualifiés et 63 % des ouvriers non qualifiés étaient exposés en 2016 à au moins trois contraintes physiques*. À titre de comparaison, ils n’étaient respectivement que 24 % et 21 % à y être exposés lors de l’édition de 1984 de cette enquête. Autres exemples de la permanence, voire de l’augmentation, de l’exposition aux risques industriels traditionnels : 54 % des ouvriers non qualifiés sont en contact avec des produits dangereux (près de 10 % de plus qu’en 2005), 67 % d’entre eux respirent des fumées ou des poussières et 36 % sont exposés à du bruit intense. La situation est grosso modo la même pour les ouvriers qualifiés.

L‘exposition des « cols bleus » aux risques physiques n’est pas contrebalancée par un haut niveau d’autonomie dans le travail. Ainsi, seulement 58 % des ouvriers non qualifiés peuvent choisir eux-mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés, alors que 89 % des cadres ont cette possibilité.  Ils sont également 77 % à se plaindre de devoir continuellement répéter une même série de gestes ou d’opérations, contre seulement 12 % des cadres. Une très faible majorité des ouvriers non qualifiés (54%) estime apprendre de nouvelles choses au travail, contre 94 % des cadres.

Les ouvriers sont également plus nombreux que les autres catégories socioprofessionnelles à être soumis à certaines contraintes liées aux horaires de travail :  travail de nuit, stricte contrôle des horaires, ne pas connaître ses horaires du mois à venir et ne pas pouvoir modifier ses horaires en s’arrangeant avec ses collègues.

*Parmi cinq contraintes : rester longtemps debout, rester longtemps dans une position pénible, effectuer des déplacements à pied longs ou fréquents, devoir porter ou déplacer des charges lourdes, subir des secousses ou des vibrations.

En savoir plus :

Quelles sont les évolutions récentes des conditions de travail et des risques psychosociaux, DARES Analyses, n°82, décembre 2017.

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