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29 janvier 2016

Le plan Obama contre le cancer : quelle place pour la prévention?

Le 12 janvier dernier, Barack Obama a annoncé, dans son discours sur l’état de l’Union, le lancement d’un plan national afin d'éradiquer le cancer. "Faisons de l'Amérique le pays qui guérisse une fois pour toutes le cancer", a-t-il déclaré devant les membres du Congrès. Plusieurs experts regrettent le peu d'attention accordé à la prévention.

Le président des États-Unis a comparé ce défi au programme de conquête de la Lune lancé par le président Kennedy en 1962.Barack Obama a confié cette mission à son vice-président, Joe Biden, dont le fils est mort récemment d’un cancer au cerveau.Peu d'éléments concrets ont jusqu'à présent filtré quant aux orientations de cet ambitieux programme.Dans un communiqué publié après le discours présidentiel, Mr Biden évoque les espoirs liés à différents secteurs de pointe en matière de recherche et de traitement, faisant notamment référence à l'immunothérapie.

L'annonce de ce nouveau plan est survenue au lendemain de la présentation par plusieurs sociétés pharmaceutiques d'un "front unifié contre le cancer ", a relevé la presse. À la tête de cette coalition, l'on trouve le Dr Patrick Soon-Shiong, un scientifique et entrepreneur qui est à l'origine de l'Abraxane, un médicament utilisé dans le traitement des cancers métastatiques du sein, du poumon et du pancréas. D'après la presse, le vice-président américain l'aurait rencontré alors que son fils luttait encore contre le cancer.

Le projet initié par Mr Soon-Shiong - 34e fortune des États-Unis, selon Forbes – est principalement axé sur la réalisation d'essais associant des médicaments stimulant le système immunitaire pour qu'il s'attaque aux cellules cancéreuses.

Si l'on s'en tient aux maigres éléments d'information communiqués jusqu'à présent, le plan de bataille contre le cancer de la Maison-Blanche est essentiellement axé sur le volet curatif. Le terme "prévention" est totalement absent du communiqué du vice-président américain.

"Si nous appliquions ce que nous savons déjà sur la prévention du cancer, sa détection précoce et son traitement, nous pourrions éviter une proportion importante des près de 600.000 décès annuels dus au cancer aux États-Unis. Ces outils remarquables ne servent à rien s'ils restent inutilisés, indisponibles à ceux qui en ont besoin en raison de lacunes dans les soins dus à la pauvreté et à d'autres facteurs", a commenté Otis Brawley, le responsable médical de l'American Cancer Society.

Le Dr Christopher Wild, le directeur du Centre international de recherche sur le cancer, critique également le manque d'attention et de moyens accordés à la prévention primaire. Dans un article récent, il estime que de "40 à 50 % des cancers pourraient être évités si les connaissances accumulées sur les causes étaient traduites en prévention primaire".

Il regrette que la prévention représente moins de 5 % du financement total de la recherche sur le cancer, et estime que les campagnes de prévention ne doivent pas être uniquement axées sur les comportements individuels (tabagisme, régime alimentaire, alcool, etc.)

La communauté scientifique estime que de 5 à 8 % de la mortalité par cancer est due à des expositions à des cancérogènes sur le lieu de travail, ce qui représente à l'échelle mondiale entre 410.000 et 656.000 décès par an. Malgré ces chiffres impressionnants, la lutte contre les cancers professionnels reste le parent pauvre des campagnes nationales et internationales contre le cancer.

Dans une récente publication de l'ETUI, l'expert international en santé au travail Jukka Takala invite l'Union européenne à devenir le fer de lance d'une campagne mondiale pour l'élimination des cancers professionnels.

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