European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > Thèmes > Santé et sécurité - Conditions de travail > Actualités > Le second syndicat du Québec largue l’industrie de l’amiante

Actualités

14 mars 2011

Le second syndicat du Québec largue l’industrie de l’amiante

« La vie d'un travailleur aussi bien indien que québécois ne peut être sacrifiée au nom de l'emploi.» Ces mots-chocs qui concernent les travailleurs de l’amiante sont ceux de Claudette Carbonneau, la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le second syndicat du Québec en termes de membres.

Ces propos ont été tenus le 7 mars denier, avant une réunion du conseil confédéral de la CSN au cours de laquelle 250 délégués étaient appelés à se prononcer sur une proposition de résolution consacrée à l’industrie de l’amiante.

Ce document recommandait à la CSN « d'engager avec ses partenaires syndicaux des discussions en vue de proposer un calendrier et un programme de transition et de reconversion pour les personnes travaillant dans cette industrie, le tout dans une perspective d'enclencher les débats qui s'imposent avec nos gouvernements sur le bannissement de l'amiante ». Le texte recommandait aussi de ne pas appuyer de nouveaux projets d'expansion des mines d'amiante au Québec et demandait au gouvernement du Canada l'inclusion de l'amiante dans la liste des produits dangereux prévue dans la Convention de Rotterdam*.

La presse canadienne a confirmé que ces recommandations ont bien été adoptées le 11 mars par les délégués de la CSN, qui représentent environ 300.000 travailleurs.

« Le Québec, comme plusieurs sociétés industrielles avancées, a été secoué par l'usage d'une ressource qui sème la mort. Aujourd'hui, l'amiante qui n'est à peu près plus utilisé ici est destiné à l'exportation vers les pays en développement comme l'Inde. Si les conditions de santé-sécurité ne viennent pas à bout de ces maladies mortelles au Québec, il est difficile de prétendre à une utilisation sécuritaire de l'amiante dans les pays en développement », a souligné la leader syndicale.

Jusqu’à présent, la position officielle de la CSN était de défendre le principe de l’usage sécuritaire de l’amiante. L’adoption de la résolution marque donc une rupture très nette avec le passé. Une position nouvelle qui tranche avec celle du premier syndicat du Québec, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec qui, contre vent et marée, continue à soutenir l’industrie de l’amiante.

Les déclarations de la présidente de la CSN ont immédiatement provoqué des réactions courroucées de la part des autres syndicats. Le syndicat des métallos, affilié à la FTQ, et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui représentent la plupart des travailleurs de l'industrie de l'amiante chrysotile au Québec, se sont dits surpris et déçus de la décision de la CSN

*Cette convention internationale offre la possibilité pour un pays de décider quels sont les produits chimiques ou pesticides potentiellement dangereux qu'ils veulent bien recevoir et de refuser ceux qu'ils ne sont pas en mesure de gérer en toute sécurité. Les tentatives d’inscription de l’amiante sur cette liste ont jusqu’à présent toujours échoué sous la pression du lobby proamiante et de certains États, dont le Canada.

 

Sources : Communiqués de la CSN, <i>Le Soleil</i>, <i>La Tribune</i>, <i>La Presse</i>
Toutes les actualités