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26 avril 2012

Le secteur de la coiffure adopte de nouvelles mesures en santé et sécurité

Le syndicat européen des travailleurs des services Uni Europa, qui représente plus d'un million de travailleurs de la coiffure à travers l'UE, et les employeurs de ce secteur ont conclu le 26 avril un nouvel accord pour que les coiffeurs travaillent dans un environnement sain et sûr tout au long de leur carrière.

Le nouvel accord résulte d'une initiative autonome de la part des organisations représentatives des travailleurs et des employeurs. L'accord s'inspire des principes de prévention de la directive-cadre de 1989 sur la sécurité et la santé au travail. Il stipule notamment que l'employeur doit prendre des mesures de protection individuelle pour éviter les contacts prolongés avec l'eau et des substances irritantes pour la peau ou pouvant provoquer des allergies. Le texte prévoit également l'application du principe de substitution de produits chimiques dangereux par des alternatives moins nocives pour la santé des travailleurs. Les produits contenant de l'acide thioglycolique ou des agents colorants conditionnés sous forme de poudre sont, entre autres, visés.

L'accord prévoit également des mesures afin de réduire les troubles musculosquelettiques parmi les employés des salons de coiffure : les employeurs doivent organiser une rotation des tâches pour éviter les mouvements répétitifs ou un travail intensif sur une longue période et recourir aux plus récentes bonnes pratiques en matière d'ergonomie (sèche-cheveux léger, avec un faible niveau de vibrations, par exemple). Les risques psychosociaux n'ont pas été oubliés : l'employeur doit assurer une préparation minutieuse du travail, une planification appropriée du temps et de l'organisation du travail afin de prévenir les "effondrements émotionnels".

"Cet accord est un règlement par les partenaires sociaux pour les partenaires sociaux et est fait sur mesure pour des petites entreprises, car les salons de coiffure ont en moyenne moins de trois travailleurs", insistent les partenaires sociaux dans un communiqué publié sur le site web de la Commission européenne.

Le même communiqué précise que les coûts de mise en oeuvre des démarches préventives convenues sont bas : ils sont estimés à moins de cinquante cents par client, ce qui représente un peu plus de 1% du chiffre d'affaires annuel d'un salon moyen. En même temps, les avantages sont manifestes tant pour les employeurs que les travailleurs : réduction des congés maladie et de l'absentéisme, du taux de rotation du personnel, diminution des coûts de traitement et de suivi pour les systèmes de santé.

Les signataires de l’accord vont demander à la Commission de rendre leur texte juridiquement contraignant. Avant de présenter une proposition législative au Conseil des ministres, la Commission effectuera une évaluation du statut représentatif des parties signataires, de leur mandat et de la légalité de chaque clause de l'accord par rapport à la législation existante.

La coiffure est la profession à plus haut risque pour les maladies de la peau. Dans certains pays jusqu'à 70% de coiffeurs souffrent de maladies de la peau, telles que la dermatite, à un moment donné au cours de leur carrière, ce qui est au moins dix fois plus que la moyenne des travailleurs. Presque 40% de coiffeurs rapportent des plaintes musculosquelettiques, soit cinq fois plus que la moyenne des travailleurs. Source : Commission européenne, Liaisons sociales

Pour en savoir plus sur les risques du métier de coiffeur, lire :

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