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30 mai 2012

Le travail de nuit accroît les risques de cancer du sein, selon une étude danoise

Les femmes qui travaillent de nuit ont plus de risques de développer un cancer du sein, selon une étude menée par une équipe de chercheurs danois. Des chercheurs de la Société danoise du cancer estiment que le risque de cancer du sein augmente de 40 % pour les femmes qui occupent un poste de nuit. Il s’élève même à 50 % lorsque le travail nocturne se répète au moins trois fois par semaine pendant six ans.

Pour parvenir à ces conclusions, ils ont analysé les réponses à un questionnaire auquel ont répondu 141 femmes travaillant ou ayant travaillé pour l'armée danoise qui ont déclaré un cancer du sein entre 1990 et 2003 et qui étaient toujours vivantes en 2005. Le questionnaire de 28 pages portait sur leur travail, leur mode de vie, leur utilisation de contraceptifs, les thérapies hormonales qu’elles ont pu subir ou leur exposition au soleil. Leurs réponses ont été comparées à celles de 551 de leurs anciennes collègues, du même âge mais n’ayant pas contracté de cancer du sein. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 28 mai dans la revue scientifique Occupational and Environmental Medicine.

Dérégulation de l’horloge biologique ou manque de lumière ?

L’une des hypothèses émises par les chercheurs concernait le manque de soleil et de vitamine D auquel s’exposent les travailleurs de la nuit. Elle est fortement compromise depuis que les auteurs ont constaté que les travailleuses de nuit passaient plus de temps que leurs collègues travaillant de jour à prendre des bains de soleil.

L’autre piste porte sur la dérégulation de l’horloge biologique que le travail de nuit entraîne. En effet, nous sommes une espèce diurne et nous suivons un rythme circadien (proche de 24 h). Pendant le sommeil de nuit, notre corps synthétise la mélatonine (l’"hormone du sommeil"), qui protégerait contre certains cancers en ralentissant le développement de cellules tumorales. L'exposition nocturne à la lumière artificielle bloquerait la synthèse de la mélatonine.

Depuis 2008, le travail de nuit posté (avec alternance irrégulière de périodes de travail de jour et de nuit) figure sur la liste des agents probablement cancérogènes établie par le Centre international de recherche sur le cancer, qui est rattaché à l'Organisation mondiale de la santé.

Sources: Futura Sciences, Canoë.ca
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