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29 novembre 2018

Les 21 et 22 novembre derniers s'est tenue à Londres la deuxième réunion du Réseau UNI Amazon Mondial

treated like a robot

Les 21 et 22 novembre derniers s’est tenue à Londres la deuxième réunion de l’Alliance Mondiale Amazon organisée par Uni Commerce en coopération avec la Fondation Friedrich Ebert sur le thème « Codétermination et normes de travail dans les entreprises transnationales – aspirations et réalité @Amazon ». Cette réunion rassemblait 67 personnes venant de 17 pays et 3 continents (Europe, Amérique et Australie), incluant des travailleurs d’Amazon, des responsables syndicaux des secteurs de la logistique, des postes et du commerce et des chercheurs. Les participants, qui se réunissaient pour la deuxième fois, avaient un slogan commun adressé à l’entreprise : « Nous ne sommes pas des robots ».

Au programme de cette réunion du réseau UNI Amazon mondiale, un partage des témoignages des représentants de chacun des pays concernant la situation des travailleurs d’Amazon, notamment en termes de santé, les défis rencontrés sur le terrain par les syndicats et les stratégies. Les témoignages des travailleurs de l’entreprise dans différentes parties du globe sont convergents. Il semble que l’entreprise applique dans tous les pays les mêmes normes de travail et le même style de management, avec des variations à la marge en fonction des lois du pays (concernant les salaires par exemple). La politique en termes de conditions de travail repose sur une industrialisation à grande échelle du travail logistique avec une forte division du travail qui génère beaucoup de gestes répétitifs, des cadences très élevées, une forte pression du management et un contrôle permanent des travailleurs à l’aide des outils numériques – que certains désigne comme « un management par la peur »- et des pauses réduites au minimum. Ces conditions de travail impliquent sur tous les sites un grand nombre d’accidents du travail (et même des morts) et un turn-over très important. Au Royaume-Uni par exemple, une étude du syndicat GMB a révélé qu’il y avait eu plus de 600 appels d’ambulances en 3 ans dans les entrepôts du pays. A cela s’ajoute un recours massif aux travailleurs temporaires avec des contrats très précaires, notamment dans les périodes de pics saisonniers et une forte pression sur les travailleurs pour qu’ils ne se syndiquent pas.

Un chercheur Américain, John Logan, a présenté les résultats de ses recherches sur la politique ouvertement et radicalement anti-syndicale d’Amazon, particulièrement offensive aux Etats-Unis. Il a aussi mis l’accent sur les subventions très importantes dont bénéficie l’entreprise dans tous les pays où elle est installée, ainsi que des exonérations d’impôts.

La deuxième journée était consacrée à l’organisation de la coordination mondiale des syndicats et des travailleurs concernés en matière d’action de terrain, de négociation et de communication. Un groupe de coordination a été organisé, composé de 6 personnes représentants les différents syndicats et continents. Plusieurs actions simultanées étaient organisées dans différents pays d’Europe (en Espagne et au Royaume-Uni notamment) le lendemain lors du ‘black Friday’ le 23 novembre, afin de rendre visible le front commun organisé par les syndicats unis contre l’entreprise.

« Nous savons qu’aujourd’hui, c’est en nous rassemblant que nous avons plus de chance de réussir. » a insisté le président mondial d’UNI commerce, Stuart Applebaum, qui introduisait et concluait ces deux journées. Et il a aussi souligné le décalage entre l’image véhiculée par l’entreprise auprès des consommateurs- et même des travailleurs- et la réalité vécue par ceux qui travaillent dans ses entrepôts : « Beaucoup de personnes voient encore Amazon de manière positive, ils ne connaissent pas la nature de cette entreprise, les ambitions de cette entreprise. Nous avons le pouvoir et la responsabilité de nous éduquer et d’éduquer les hommes politiques pour prendre la mesure de la menace que représente cette entreprise. ».

en savoir plus:

  • Rapport GMB - What is like to work in a modern day Amazon Fulfilment Centre in the UK? 
  • HesaMag n° 6: Grande distribution: des travailleurs bradés
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