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23 mai 2016

Les syndicats se joignent à la campagne pour interdire le glyphosate dans l'Union européenne

Les syndicats se mobilisent afin que l'Union européenne prennent des mesures de précaution concernant l'utilisation du glyphosate, l'herbicide le plus couramment utilisé dans le monde. Le glyphosate est la substance active du produit bien connu RoundUp qui est fabriqué par Monsanto, le géant américain de l'agrochimie et des biotechnologies. Bien que le glyphosate a été classé en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme « probablement cancérogène pour l'homme », il est toujours utilisé pour éliminer les mauvaises herbes dans les champs, les cours et allées, et les jardins.

La Fédération européenne des syndicats de l'alimentation, de l'agriculture et du tourisme (EFFAT) exige des solutions de rechange au glyphosate. L'EFFAT, qui représente presque 7 millions de travailleurs agricoles en Europe, a demandé à la Commission européenne « d'interdire le glyphosate dans l'Union européenne et de fournir une assistance complète pour un système agricole et alimentaire plus sûr et plus sain qui préserve les travailleurs agricoles des conséquences liées à la diffusion de quantités massives de produits chimiques toxiques dans l'environnement ».

Au niveau national, les deux principales confédérations syndicales espagnoles Comisiones Obreras (CC.OO.) et UGT ont appelé leur gouvernement à rejeter la proposition de la Commission européenne de prolonger l'autorisation de commercialisation du glyphosate dans l'UE.

Au Royaume-Uni, le syndicat GMB exige l'application du principe de précaution. « Les employeurs devraient remplacer les produits contenant du glyphosate par des alternatives plus sûres qui ne posent aucun risque pour la santé », a déclaré le syndicat dans un communiqué.

En mars 2015, le CIRC a publié un rapport qui classe le glyphosate comme « probablement cancérogène pour l'homme».

Mais, en novembre de la même année, l'Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) - sur la base de rapports établis par l'industrie - a officiellement rejeté les conclusions CIRC et a déclaré que le glyphosate ne posait « pas de risque cancérogène pour l'homme » ou tout autre danger pour la santé.

La Commission a alors proposé de renouveler l'agrément du glyphosate pour une période maximale de 15 ans et d'augmenter les limites autorisées de résidus dans les denrées alimentaires, tout en refusant, pour des raisons de « secret commercial », de divulguer les éléments de preuve sur lesquels l'EFSA fondait sa recommandation.

En réaction, plus de 45 organisations environnementales et de la société civile ont envoyé une lettre au commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis, pour lui demander de prendre des mesures de précaution par rapport à l'utilisation du glyphosate.

Le 13 avril dernier, le Parlement européen a adopté une résolution dans laquelle la Commission européenne est invitée à renouveler son approbation de commercialisation pour 7 ans seulement, au lieu des 15 ans prévus et uniquement à des fins professionnelles. La résolution appelle également à interdire le glyphosate pour de nombreux usages, autorisés pour l'instant, comme son utilisation dans ou à proximité des parcs et jardins publics et des aires de jeux publiques, et en usage agricole lorsque les systèmes intégrés de lutte contre les organismes nuisibles suffisent pour les opérations nécessaires de désherbage.

Les députés européens demandent également la publication et un examen indépendant des preuves scientifiques utilisées par l'EFSA pour évaluer le glyphosate.

Le Parlement a considéré que le projet de règlement de la Commission sur le glyphosate ne permet pas de garantir un niveau élevé de protection de l'environnement et de la santé humaine et animale, et que comme dans d'autres domaines tels que les nanomatériaux la Commission ne parvient pas à appliquer le principe de précaution.

La polémique autour du glyphosate a atteint un tel degré que l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a été invitée à publier une communication et des lignes directrices sur l'herbicide controversé.

L'ECHA va étudier les effets plus larges du glyphosate sur la santé humaine, suite au dépôt par l'Allemagne d'un dossier concernant la classification et l'étiquetage harmonisés de cette substance. Ce processus sera finalisé seulement vers la fin de 2017. Si l'ECHA constate que glyphosate peut causer le cancer, entraver la reproduction ou endommager le système hormonal, alors il ne pourra plus être utilisé comme substance active, conformément à la réglementation européenne sur les pesticides.

Derniers développements :

19 mai 2016 : la décision de renouveler l'autorisation d'usage du glyphosate en Europe pour une durée supplémentaire de neuf ans est reportée pour la deuxième fois, suite à un désaccord entre les représentants des gouvernements de l'UE.

16 mai 2016 : des experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estiment dans une étude « peu probable que le glyphosate provoque un risque cancérogène chez les humains qui y seraient exposés par l'alimentation ».

En savoir plus :

EFFAT: Tell the European Commission to ban glyphosate and step off the pesticide treadmill! (4 avril 2016)

CCOO: 127 entidades exigen que España vote no al herbicida calificado por la OMS como probablemente cancerígeno para los seres humanos (12 avril 2016)

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