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16 juin 2017

Les travailleurs et les consommateurs bientôt mieux protégés contre le bisphénol A 

Le comité des Etats membres de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a décidé le 16 juin de reconnaître le bisphénol A (BPA) comme perturbateur endocrinien pour la santé humaine. Cette décision devrait encourager les industriels à réduire considérablement l’utilisation de cette substance chimique qui affecte le système hormonal.

La décision a été prise à l’unanimité des Etats membres, sur la base d’une proposition déposée par la France, un pays qui interdit depuis le 1er janvier 2015 l’utilisation du BPA dans la fabrication de contenants alimentaires.

Cette décision n’a pas pour effet d’interdire l’usage du BPA dans l’Union européenne mais elle devrait rendre néanmoins beaucoup plus compliqué le recours des industriels à ce perturbateur endocrinien. En effet, le bisphénol A était déjà identifié comme « substance extrêmement préoccupante » (substance of very high concern) à cause de ses effets toxiques pour la reproduction, il l’est maintenant également pour ses effets de perturbateur endocrinien.

Cette double reconnaissance devrait rendre encore plus probable l’introduction du BPA sur la liste des substances soumises à autorisation.  S’ils souhaitent continuer à utiliser cette substance, les industriels devraient alors déposer un dossier d’autorisation auprès de l’ECHA, comme le prévoit le règlement européen REACH. L’introduction d’un tel dossier représente un coût financier important car l’autorisation n’est accordée par les autorités européennes que pour une durée limitée. Un mécanisme qui a pour objectif de dissuader les industriels d’utiliser des substances qui menacent la santé humaine. 

« Il s’agit d’une victoire importante pour les travailleurs car le BPA est abondamment utilisé dans l’industrie. Des millions de travailleurs en Europe y sont exposés. Cette décision devrait encourager les industriels à remplacer le BPA par des substances moins nocives pour la santé de leurs travailleurs et de ceux qui utilisent leurs produits », s’est réjoui Tony Musu, chercheur à l’ETUI, expert en risques chimiques. 

Le comité des Etats membres de l’ECHA a également reconnu l’acide sulfonique de perfluorohexane et ses sels comme substances très persistantes et très bioaccumulables (vPvB).

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