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10 mai 2019

Pesticides : la Commission européenne accusée de maintenir des produits dangereux sur le marché européen

agriculture

De hauts fonctionnaires de la Commission européenne ont manoeuvré pour affaiblir les critères de définition des perturbateurs endocriniens et favoriser le maintien sur le marché européen de pesticides dangereux. C'est ce que révèlent plus de 600 documents confidentiels obtenus par l'ONG Pesticide Action Network (PAN) après deux années de procédures devant la Cour justice de l’Union européenne.

Le règlement européen sur les pesticides interdit l'utilisation de principes actifs extrêmement dangereux comme les cancérogènes, les mutagènes, les substances toxiques pour la reproduction ou encore les perturbateurs endocriniens.  Alors qu'ils auraient dû être établis en décembre 2013, les critères de définition des perturbateurs endocriniens n'ont finalement été adoptés dans le texte légal qu'en avril 2018. Les documents confidentiels obtenus par Pesticide Action Network devant les tribunaux européens montrent que de hauts fonctionnaires de la Commission européenne ont sciemment fait passer les intérêts commerciaux des fabricants de pesticides au- dessus de la santé publique. Outre les cinq ans de retard sur le calendrier initial, les documents indiquent que des fonctionnaires peu scrupuleux sont également parvenus à faire adopter une version plus laxiste des critères d'identification, ce qui a permis de facto d'éviter le retrait du marché européen de pesticides appartenant à la famille des perturbateurs endocriniens.

En 2015, un premier rapport de Pesticide Action Network dénonçait déjà le rôle du lobby des pesticides au sein de la Commission européenne pour influer sur la réglementation des perturbateurs endocriniens.

Interrogé sur les documents mis à jour par Pesticide Action Network, Tony Musu, chercheur sénior à l'ETUI et co-auteur d'une publication sur les risques professionnels liés à l'exposition aux perturbateurs endocriniens a déclaré :  "Ces nouvelles révélations confirment que les critères d'identification adoptés en 2018 étaient biaisés et qu'ils doivent d'urgence être révisés pour mieux protéger la santé des agriculteurs, des citoyens et de l'environnement" 

Réagissant aux accusations, la Commission européenne nie une quelconque volonté de manipulation et défend sa décision de procéder à une analyse d’impact avant d’élaborer des critères de définition des perturbateurs endocriniens contribuant ainsi au retard de réglementation dénoncée par PAN.

Les perturbateurs endocriniens sont de plus en plus pointés du doigt par la communauté scientifique comme étant responsables de l’explosion de certaines maladies dont l’obésité, le diabète, les troubles de déficit de l'attention, l’hyperactivité, l’autisme et certains cancers hormonaux.

Photo Credit : meriç tuna on Unsplash

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