European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > Thèmes > Santé et sécurité - Conditions de travail > Actualités > Une étude contestant le lien entre cancer et travail de n...

Actualités

20 décembre 2016

Une étude contestant le lien entre cancer et travail de nuit était basée sur de la "mauvaise science"

Une étude de l'université d'Oxford concluant que la classification du travail de nuit comme une cause de cancer du sein chez les femmes n'est plus justifiée était fondée sur de la "mauvaise science", estiment des experts internationaux.

La "méta-analyse", publiée en ligne le 6 octobre 2016 dans le Journal of the National Cancer Institute (JNCI), concluait que le travail de nuit, y compris le travail de nuit de longue durée, a peu ou pas d'effet sur l'incidence du cancer du sein. Les auteurs estimaient que le classement du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) du travail de nuit comme une cause "probable" de cancer du sein chez les femmes "n'était plus justifié".

Mais trois des épidémiologistes les plus respectés, spécialistes du cancer du sein et de l'impact du travail de nuit sur cette maladie, ont déclaré qu'ils étaient " totalement en désaccord" avec cette conclusion, épinglant une accumulation de biais méthodologiques dans la recherche qui "invalident" ses conclusions.

Eva Schernhammer, épidémiologiste de l'École de Médecine de Harvard, a déclaré au magazine britannique Hazards qu'étant donné la "mauvaise science" de l'étude d'Oxford, "ce n'était pas surprenant" qu'elle ne trouve aucun effet du travail de nuit sur la survenue du cancer du sein.

Johnni Hansen, chercheur à la Société danoise de lutte contre le cancer, était également peu impressionné par l'article du JNCI. "Ils fondent leur conclusion sur une étude de piètre qualité, mais pire encore est le fait que leurs conclusions peuvent entraver les initiatives de prévention à destination des travailleurs de nuit", a-t-il commenté.

Les cohortes principales de l'étude de l'université d'Oxford, financée par le Medical Research Council, le Health and Safety Executive (HSE) et le Cancer Research UK, étaient "anciennes", avec beaucoup de personnes ayant dépassé l'âge de la retraite et le suivi était "exceptionnellement court", a déclaré Mr Hansen.

Le risque que les femmes développent un cancer du sein semble diminuer dans les années qui suivent la fin du travail de nuit, donc en étudiant les populations de retraités les chercheurs ont manqué leur cible, a analysé Mme Schernhammer. Selon la chercheuse,  le risque le plus élevé est observé chez les femmes qui ont travaillé de nuit pendant une longue période - au moins 15 ans - au début de leur carrière. Source : Hazards magazine

En savoir plus :

Toutes les actualités