European Trade Union Institute, ETUI.

Justice pour les victimes

Depuis une trentaine d'années, les associations de travailleurs de l'amiante se battent afin d'obtenir la reconnaissance officielle de toutes les victimes de l’amiante et la réparation la plus large des dommages qu’ils ont subis.

Ce combat commence à porter ses fruits, surtout dans les pays où les victimes ont saisi la justice pour obtenir réparation comme en France où les condamnations des industriels de l'amiante devant la justice civile se sont multipliées ces dernières années. Désormais, le couvercle qui maintenait cachés les risques de l'amiante est définitivement soulevé.

En France et en Italie, plusieurs dossiers font même l'objet d'une instruction au pénal. À juste titre, car l'industrie connaissait de longue date les maladies que l'amiante provoquait et c'est sciemment qu'ils ont continué à exposer à ce poison de nombreuses personnes, dans et hors des entreprises. Des peines sévères ont été prononcées — notamment de la prison ferme — contre d'anciens responsables de site de production.

Le 13 février 2012, au terme d’un procès qui a duré presque trois ans, un tribunal de Turin a condamné à seize ans de prison le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Louis Cartier de Marchienne. Ces anciens dirigeants du groupe Eternit ont été reconnu coupables d'avoir provoqué "une catastrophe sanitaire et environnementale permanente" ayant causé la mort d'environ 3.000 personnes en Italie, anciens ouvriers ou habitants de quatre localités où Eternit-Italie avait ses usines.