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19 novembre 2018

France: les ouvriers intérimaires plus exposés aux risques professionnels que l’ensemble des ouvriers

Les ouvriers intérimaires sont plus exposés aux risques professionnels que l’ensemble des ouvriers. C’est ce que révèle une nouvelle étude de la Dares, le service d’études et de statistiques du ministère français du travail. Les ouvriers intérimaires sont très fortement exposés à des contraintes physiques dans leur travail : ils sont 22 % à manipuler des charges lourdes plus de 20  heures par semaine, contre 12 % pour l’ensemble des ouvriers. Toutefois, les seules expositions physiques plus présentes pour les ouvriers intérimaires sont le travail répétitif plus de dix heures par semaine (29 % sont concernés contre 21 % pour l’ensemble), ainsi que les vibrations des membres supérieurs (bras, épaules) qui concernent 7 % des ouvriers intérimaires, contre 6 %, ces différences étant significatives toutes choses égales par ailleurs.

La situation s’avère la plus préoccupante  au sujet des risques chimiques : la prévention est jugée insuffisante pour 34 % de l’ensemble des ouvriers exposés. Ce chiffre équivaut quasiment à la même proportion que les intérimaires (35 %) mais dans ce dernier cas, les médecins du travail disent beaucoup plus souvent ne pas pouvoir donner d’avis sur la qualité de la prévention (34 % pour les ouvriers intérimaires contre 14 % pour l’ensemble). « Les médecins du travail ont du mal à renseigner un certain nombre d’items concernant les ouvriers intérimaires, souligne Thomas Coutrot, chef du département des conditions de travail et de santé à la Dares. De plus, s’ils sont censés recevoir les intérimaires à chaque prise de poste, en pratique, c’est loin d’être le cas. » Par ailleurs, les médecins du travail sont plus nombreux à juger la qualité de la prévention mauvaise ou très mauvaise pour les ouvriers intérimaires.

Les ouvriers intérimaires semblent moins exposés aux substances cancérogènes que la moyenne des ouvriers (19% contre 25%). La Dares  estime que cet écart peut s’expliquer par des législations qui interdisent le recours au travail intérimaire dans certaines conditions. Il peut également être la conséquence d'une "sous-évaluation" de l'exposition des travailleurs intérimaires "par les médecins enquêteurs". En effet, la DARES observe que les intérimaires restent "souvent peu de temps sur leur poste de travail", ce qui "rend plus difficile une connaissance approfondie de leur situation concrète par les médecins".

Lorsqu’ils sont exposés à un agent cancérogène, les ouvriers intérimaires ne disposent d’une double protection (individuelle et collective) que dans 18 % des cas (contre 28 % pour l’ensemble des ouvriers). En revanche, pour 50 % d’entre eux (contre 32 %), aucune protection individuelle ou collective n’est signalée par les médecins du travail. « Ces constats soulignent la nécessité d’une meilleure organisation du suivi des salariés intérimaires, notamment en ce qui concerne les risques chimiques. »

en savoir plus : Dares analyses, octobre 2018 

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