European Trade Union Institute, ETUI.

Accueil > Thèmes > Santé et sécurité > Actualités > Quatorze ans après l'élargissement de l'UE, l’ETUI organi...

Actualités

4 juin 2018

Quatorze ans après l'élargissement de l'UE, l’ETUI organise des forums régionaux sur la santé et la sécurité au travail

L'ETUI a récemment organisé deux réunions régionales avec les syndicats des pays des Balkans et des pays d'Europe centrale et orientale (PECO) sur les questions de santé et de sécurité au travail. Les réunions ont eu lieu à Bucarest (février) et à Prague (mars). L'objectif principal était de faciliter les échanges d'expériences et de bonnes pratiques dans les domaines de l'indemnisation des travailleurs et des services de santé au travail. Les participants se sont également penchés sur les stratégies syndicales communes visant à promouvoir des conditions de travail plus saines par le biais des médias.

Les syndicalistes des Balkans et des PECO ont exprimé leur frustration face à l'état actuel de la situation en matière de santé et de sécurité au travail (SST) dans leur pays. Ils ont critiqué le manque d'attention accordée à ce sujet dans les politiques publiques, la diminution des ressources disponibles pour développer des politiques de SST et les infractions à la législation qui sapent systématiquement les améliorations des conditions de travail et de la santé des travailleurs. Dans la plupart des cas, les travailleurs qui sont blessés ou qui tombent malades en raison de leur travail ne sont pas correctement indemnisés pour les dommages causés à leur santé.

Il existe également des différences significatives entre les systèmes nationaux de reconnaissance des maladies professionnelles, dans la mesure où, dans certains pays, aucune indemnisation n'est prévue pour les maladies liées au travail. Les syndicats demandent donc l'adoption d'une liste européenne et des normes communes dans le domaine des maladies professionnelles. Dans la plupart des pays des Balkans et des PECO, le mouvement syndical cherche à obtenir une plus grande transparence dans les régimes d'indemnisation, car il est fréquent que seules les personnes impliquées dans le système connaissent la manière dont l'indemnisation est réellement calculée. Ils demandent également que des fonds de prévention soient inclus dans les systèmes d'assurance accident du travail.

L'indifférence des médias à l'égard des questions de SST est une autre caractéristique commune à tous les pays représentés. Les participants ont suggéré que leurs confédérations intensifient leurs efforts de coopération avec les médias locaux, qui semblent plus enclins à couvrir ces questions que les médias nationaux. Par exemple, les syndicats serbes ont réussi à obtenir des quotidiens régionaux qu'ils publient des articles sur des conventions collectives récemment conclues. En République tchèque, la confédération syndicale CMKOS a bénéficié d'une large couverture médiatique pour sa campagne de sensibilisation aux accidents du travail dans le cadre de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, qui se tient chaque année le 28 avril.

Les participants ont discuté des sujets à inclure à l'ordre du jour des futurs forums sur la SST. Ils ont souligné la situation préoccupante de certaines catégories de travailleurs, tels que les travailleurs détachés, les travailleurs migrants, les travailleurs temporaires et les travailleurs des plates-formes numériques. Ces travailleurs sont parmi les plus vulnérables et ils sont souvent confrontés à un manque d'informations ou d'instructions claires et précises concernant les risques liés au travail. Les syndicats recherchent des règles équitables, ainsi qu'un contrôle et une application adéquats de la législation dans les secteurs où ces types de travailleurs sont largement représentés. Les participants étaient également très intéressés par des sujets tels que la SST dans les entreprises multinationales, la SST et les comités d'entreprise européens, l'externalisation et le vieillissement de la main-d'œuvre dans le contexte de leur propre région.

Tous les syndicats participants ont été invités à contrôler la qualité de la mise en œuvre des lois relatives à la protection des travailleurs, en particulier l'exposition aux risques dans l'environnement de travail. Ils ont également été invités à recueillir et à échanger des informations sur les dossiers d'indemnisation où les droits des travailleurs ont été violés. L'ETUI a proposé de jouer un rôle d'intermédiaire dans ces échanges.

Toutes les actualités