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Maladies professionnelles

La reconnaissance des maladies professionnelles causées par l'amiante continue à se heurter à de nombreux obstacles dans l'Union européenne (UE). Cette injustice sociale est aggravée par l'absence d'harmonisation des critères de reconnaissance des maladies professionnelles. D'importantes différences subsistent quant à la reconnaissance du mésothéliome (cancer de la plèvre ou du péritoine) dans les différents pays de l'UE. La non-reconnaissance des cancers du poumon provoqués par l'amiante est sans doute encore plus importante. Les données concernant l'asbestose (inflammation des alvéoles pulmonaires) indiquent aussi des disparités considérables. Pour une moyenne de 30 cas d'asbestose par million de travailleurs reconnus comme maladies professionnelles dans l'UE, il y a 1 cas par million au Portugal, 28 au Royaume-Uni, 30 en France, 59 en Allemagne et 96 en Belgique.

S’il est indispensable d’améliorer la reconnaissance des maladies causées par l’amiante dans le cadre des systèmes de compensation des maladies professionnelles, il peut également être utile de créer des fonds spécifiques de manière à permettre une meilleure indemnisation pour l’ensemble des victimes (y compris les travailleurs indépendants, les membres de la famille qui auraient subi une exposition domestique, etc.). L’expérience des fonds créés en France et aux Pays-Bas pourrait servir de référence dans d’autres pays. La reconnaissance des maladies professionnelles devrait être accompagnée par une amélioration des thérapies disponibles.

Les poursuites à l’égard des responsables immédiats des expositions de travailleurs à l’amiante sont d’autant plus importantes que les systèmes d’indemnisation des maladies professionnelles n’assurent que des indemnisations forfaitaires d’un montant assez réduit par rapport à l’indemnisation intégrale en cas de faute. Du point de vue politique, il faut mettre fin à l'impunité dont bénéficient encore trop largement les employeurs qui portent atteinte à la santé de leurs travailleurs.